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01.10.2006

... bien dormir

Le temps d’une pause, celle que l’on s’accorde sans trop de contraintes, sans trop de velléité, celle qui s’offre à nous comme une Offrande, non pas celle qui s’impose à nous comme une obligation. Il y a la liberté d’écrire, quand bon nous semble, quand il fait nuit, quand il fait jour, quand on a pas envie de dormir, quand on se réveille dans la nuit, de là, il devrait y avoir l’occurrence de se détacher un peu du monde virtuel, parfois contractuel, pour retrouver des amours passés, des amours d’enfance, voire même des amours fantasmés (j’emploie souvent le terme « fantasmé » pour la fantasmagorie que représente l’être pourtant réel mais intouchable, celui que l’on ne voudrait pas toucher, pas celui que l’on ne pourrait pas toucher).

Je ne sais pas ce qui devrait être privilégié, la représentation d’une certaine réalité ou la réalité elle-même dans la mesure où la beauté se conjugue plus avec l’odeur sucré d’un rêve qui n’appartient qu’à nous et à nous seuls, que l’on pourrait partager mais qui serait incompréhensible en dehors de Notre réalité, voire qui serait en dessous de l’expression prolifique de la parole. Olivier Py m’apprend à parler, il m’apprend en quelque sorte à exister (d’exister ?…) à travers La parole, en somme j’existe à travers son existence comme jamais et comme je pourrais exister à travers n’importe qui, l’indéniable « autre »… Il m’apprend à ne pas user les mots comme on pourrait boire son eau, sans goût, sans dégoût, sans pudeur, sans révolte, sans délicatesse ; il m’apprend à les utiliser, à les jongler, à les extraire de notre cerveau, à les extirper de nos tripes, à les dévoiler comme on dévoile un secret, à les savourer comme on consomme son vin, avec justesse, avec précision, avec élégance, avec de la violence aussi, avec de l’engagement, sans savoir pourquoi des fois, mais parce que tout peut être dit si cela est dit avec vérité. Il n’y a plus de bien ou de mal, il ne reste que la croyance transmissible, la foi en soi, une fin en soi ?

A côté de ça, le silence devrait avoir Sa place aussi, Son Royaume, on devrait pouvoir se comprendre aussi avec un seul regard, une seule situation traductrice d’un désir qui dépasse l’ordre de la foi. Le silence se statue alors comme une dénonciation de la parole ou comme mystification (mastication ?…) des mots. Rien à dire ? Tout à ressentir ! Et pourtant hier, et pourtant… A l’heure où l’on ne prévoit pas d’enfreindre le fantasme (Il était là, élégant à mourir, parmi la horde qui s’était déplacée pour voir sa dernière pièce…), Il a mordu le silence, il l’a tordu parce que l’entorse était peut-être nécessaire, en tout cas, elle l’était pour moi. « Bonsoir. – Bonsoir. » Juste pour considérer que l’un avait remarqué que l’autre le regardait, illuminé, depuis près d’une heure. Et cela suffit pour ne rien dénaturer ou ne rien exagérer, cela suffit à s’endormir dans les bras de Morphée avec une sensation de plénitude.

Il ne le sait pas encore, il ne le saura peut être jamais mais j’ai bien dormi ce soir là. Voilà, Il m’apprend à mieux dormir…

La beauté, c’est l’éternel, c’est l’imagerie qui perdure dans le temps, c’est ce qui se pose sur notre regard et qui ne changera pas dès que l’on portera notre visage sur autre chose. La beauté, c’est l’éternel.

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Commentaires

"bonsoir" est sans doute un des plus jolis mots de notre langue, il détruit l'indifférence, il rend compte du formidable événement de vivre au milieu des autres, il fait en sorte, effectivement, que notre repos soit enfin ce qu'il doit etre, enclin aux reves... Quand on me dit bonsoir, j'ai l'ame sereine de l'existence...
Continue la poursuite du butinage de tes reves. Bonsoir.


Sinciput du nord

Ecrit par : sinciput du nord | 02.10.2006

Ben voilà ! je le savais... O. Py réponds à nos attentes, jeunes, moins jeunes, vieux, réponds à notre besoin de paroles, notre besoin de dire l'indiscible !
Et la vie est forcément plus belle...

Ecrit par : jyde | 02.10.2006

Bonjour...(parce qu'il fait jour),

Hummm...les Mots...j'aime lire tes mots...comme j'aime boire du café ;0)

Il y a la liberté d'écrire...quand on a le temps (aussi) (!!!)...

Ecrit par : Expresso... | 22.10.2006

tu nous as quitté, la mouche???

Ecrit par : pangloss | 12.11.2006

Je crois qu'il dort. Seul un vrai baiser d'amour pourra le réveiller. Vaut mieux prendre notre mal en patience...
(faudrait au moins changer Nena, elle se fatigue...) ;-)

Ecrit par : Pierre-Yves | 11.12.2006

ça c'est vraiment sympa, tombé dessus par hasard, tombée amoureuse, le coup de foudre, celui qu'on attend tous;)

Ecrit par : helene | 24.10.2007

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