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01.08.2006

... apprendre à écrire un court-métrage (2)

Acte I : L'embellie / Scène 2 : Edere

Dialogue 1 :

: Putain il n’y a personne, il n’y a jamais eu personne à ce genre de soirées. Pour le peu que nous sommes, on sait bien pour quelles raisons ils sont là, eux tous, ils ne pensent qu’à trouver de la viande ce soir, il n’y a que la viande qui les maintienne en vie, il n’y a que la chair dans des moments comme cela, des soirs comme ce soir-là…

Gavroche : Pourquoi tu dis « les » comme si tu t’excluais ? Tu fais partie de la partie aussi, tu n’es pas plus en dehors de la partie qu’ils ne le sont. Pourquoi on est venu, tu crois ? Pourquoi crois-tu que tu es là ?

: Oui, c’est vrai… mais je suis là avec toi, c’est différent. Je ne sais pas ce que je cherche en étant là, j’avais juste envie de venir. Et puis je n’ai pas la tête à ça, tu le sais ?…

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... apprendre à écrire un court-métrage

Description :

Place Sainte Catherine. Lille. Veille de 14 juillet, jour de célébration de la Révolution Française. Ce sera la Fête Nationale demain et les esprits puritains seront fiers d’être Français. Nous sommes pourtant bel et bien à une autre époque, plus lointaine que celle de l’an 1789. Plusieurs Révolutions ont déjà eu lieu. Plusieurs guerres même, sans qu’il y ait eu de vainqueurs. Des vainqueurs, il n’y en a jamais.
Mô ne sera pas forcément plus fier de se sentir français un 14 juillet. En tout cas, pas plus qu’il ne l’était hier. Seul le regard qu’il porte sur les amitiés qu’il s’est construit ou celles qu’il se compose lui communiquent de la fierté.

Il ne pense pas à fêter la Révolution Française. Fêter ce pourquoi il ne s’est jamais battu, ça ne l’intéresse pas. Il préfère penser qu’il existe encore un champs des possibles pour d’autres révolutions, dans le monde ou pour soi-même, quelque chose de très personnel voire de mystique, parce que tout semble s’être endormi ou, tout du moins, s’être reposé sur des acquis. Il veut une révolution mais il ne sait pas encore laquelle ni de quelle manière elle se fera. Il pense d’abord à l’embrasement de ce soir. Gavroche l’accompagne, comme toujours. Eternel compagnon de gloire.

Décor de lampions et de luminaires, une impression de fête foraine mais ce n’est pas la fête pour Mô. Il perçoit le petit monde. Ça ressemble à un lieu de rendez-vous galant mais il n’y a rien de romantique autour. Les gens dansent, semblent convulser par moment, ils se rapprochent pour se parler, ils se convoitent, ils se hâtent, ils abrègent certaines conversations qui n’auront sans doute pas de lendemain. L’heure est venue de se libérer de nos frustrations quotidiennes.

Mô et Gavroche marchent dans les ruelles tortueuses de Lille. Ils entrent sur la Place Sainte Catherine avec l’idée étrange que certaines rencontres ont besoin de la présence d’un amas de gens pour pouvoir survivre ou simplement exister. Ils aperçoivent au loin des personnes. Certains ont les bras découverts tandis que d’autres, pas forcément les plus beaux, exhibent leur torse sur une musique révolue...

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