« 2006-06 | Page d'accueil | 2006-08 »
16.07.2006
... apprendre à dire je t'aime
« Il me fallait une raison, il me fallait un produit de substitution mais sans vouloir à ce que cela soit un produit de prostitution. »
J’entends bien qu’il soit difficile pour les personnes qui me connaissent ou qui ne me connaissent pas d’imaginer ou de comprendre ce que j’ai pu longtemps mettre du temps à concevoir, voire à entreprendre. J’essaie dans le meilleur du possible de mettre des mots justes sur ce que je veux signifier. De mettre de la forme sans en oublier le fond. Et si je m’engage parfois dans des sentiers de perdition pour les uns ou pour les autres, c’est sans doute qu’il se trame derrière l’écriture une volonté de me comprendre, d’apprendre, de soif de savoir, de l’énergique connaissance, de l’intarissable échange. L’éternel recherche du soi à travers le toi…
Tu me qualifies, c’est sans nul doute pour cela que je pourrais tant accepter de toi. Parce qu’à travers toi, j’existe et je m’exécute à être plus humain qu’hier. Tu sais ce que je peux accepter de toi, c’est d’être toi dans ton entière sincérité, dans ta spontanéité sans avoir peur de ce que je pourrais te dire. J’affirme, tu infirmes juste pour me confirmer qui je suis. Oui, parce que tu es avec moi et je sais que je suis, grâce à toi. Tu me connais trop bien pour vouloir écrire ce que ta raison te dicte. Tu as trop raison pour que je t’empêche de croire en ce que tu veux bien me faire partager. Tu me partages tout pour rendre compte de l’exactitude de tes propos. Et l’on se compose comme cela. Et tu sais que je ne devrais jamais rien me concéder. Faire des concessions pour l’autre, ce n’est que dans le couple que l’on apprend cela. Faire des concessions à ses ami(e)s, ça peut sonner faux et je ne serais que plus vrai si je continuais à explorer l’incommensurable.
Il est vrai que je m’adonne, que je m’offre peut- être trop facilement mais c’est le support qui me le permets, c’est étrange mais je me comprends mieux quand j’écris. Quand je parle, j’en oublie des fois ce que je voulais dire, quand j’écris, je ne sais que trop bien ce que je veux interroger, je crois.
En dehors de ça, j’apprends à dire "je t’aime", il faut que j’apprenne à dire je t’aime. Je me rends compte que je ne le dis pas assez. A mon père, je ne lui ai jamais dit ; à ma mère, il me semble que je n’ai pas besoin de lui dire ; à mon frère, je voudrais juste savoir lui parler ; à mes sœurs, je continuerai à le leur exprimer...
A toi, la puce qui gratte, je t’aime.
Vaincre avant d’être vaincu.
20:25 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.07.2006
... ne pas se mordre les doigts
Lecture du moment : La peur, Stefan Zweig
Morceau du moment : Let down, Radiohead
Avant d’enchaîner, avant de peut être m’enchaîner ou de l’enchaîner, il est des positions dont j’attendais la venue, il est de ces messages dont on ne peut classer, il est de sa réaction dont je ne néglige pas la parole, il est un anonymat dont je ne tairais plus le nom une fois l’acte fantasmé réalisé, il est des mots qui consolent sans même avoir rien demandé, il est une sérénité qui plonge les esprits dans la continuité, il fut un temps ou je me disais que je le ferais, elle approche la nouvelle époque, le moment d’assumer…
« Je me prostitue » selon les uns, « Je dois faire attention à moi » selon les autres. Je me vends sans me vendre ou je ne me vends pas pour me vendre. Je suis peut être un peu cinglé ?
Je marche les épaules droites, le temps d’une envolée avec Gnarls Barkley, le temps de me dire que l’on est fou, que tout le monde est fou finalement. J’ai peut-être perdu la tête comme lui, mais perdre la tête quand on peut en dégager ce qu’il y a de plus subtil et de positif, c’est très plaisant et ça me fait sourire. Alors cela me vient comme une claque en pleine tronche. C’est peut-être nous qui sommes fous, comme il le dit, à vouloir imaginer que le bien-être ne peut pas s’atteindre dans ce qui ressemble à de la prostitution ou dans ce que l’on veuille bien entendre par « ce que j’ai écrit ». Mais ce que je ressens ne se retranscrit pas facilement et peut être facilement assimilé, ce que je pourrais en retirer ne peut pas se préméditer non plus.
Il n’y a rien de juste pour moi, ce n’est que la morale qui parle, ce n’est que le savoir-vivre et l’éducation qui ne tolère pas de telles pratiques, si pratiques il y a en plus. Moi, je veux du vouloir-faire, le savoir-vivre et les bonnes mœurs c’est quoi d’abord ? C’est dicté par qui d’ailleurs ? L’église, l’Etat, la famille ? et quand il n’y a plus de famille, quand une grand-mère décède alors qu’on se trouve à 2000 kms d’elle, est-ce qu’elle peut encore nous en vouloir ? Quand on peut mourir un jour ou l’autre avec l’idée qu’on a remplit sa vie de débarras et d’embarras, qu’est ce qu’on peut en retirer au juste ?
Moi, je veux du partage, ne pas me voiler la face à travers des fantasmes qui vont à un moment donné faire déborder mon vase et me faire avoir des remords alors que c’était là, que ça pouvait faire partie de mon bonheur, que mon bonheur était peut être à portée de main mais à la place, je m’en mordrais les doigts. Se mordre les doigts, ça n’a jamais fait avancer mon chemin de Damas. "Se mordre les doigts" au fond, cela se rapproche sûrement du terme "remords" parce qu’on peut se mordre les doigts une fois et s’en vouloir et si je me "remords" les doigts encore une fois, là, ce n’est pas s’en vouloir, ça devient vite du défaitisme paranoïaque. Si l’acte en question peut me révéler un peu plus et peut me définir des limites, je ne peux que m’en réjouir. Si je savais que c’était glauque, je ne l’écrirai pas ouvertement. Je ne ré(clâmerai) pas non plus de lui donner son cadeau, à lui. Je ne présenterai pas la chose de la manière dont je l’ai faite, je pense.
Je ne fais que faire des choix à un moment où l’on nous oblige à en faire. Merci à Hélène pour son conseil, mais je veux qu’il soit aussi possible que l’estime de soi ne se perde pas dans un acte aussi réfléchi. D’ailleurs, l’estime de soi ne peut être dégradé par notre propre pulsion, nos simples désirs. Le sexe présenté comme tel ne peut être perverti dès lorsqu’il repose sur des confiances mutuelles. L’autre (au féminin) a confiance en moi, Sinciput du Nord a confiance en moi, Hélène a confiance en moi, Pierre-Yves semble m’avoir donné sa confiance alors que l’on ne se connaît à peine… Mon plaisir se trouve toujours chez l’autre j’ai l’impression. Voilà ce qu’il me reste.
Pour l’heure, j’ai nettoyé mes angles, j’ai retapissé ma toile, j’ai éclairé des semblants d’énigmes, il ne me reste plus qu’à rendre la confiance que me fournissent les autres à l’autre (au masculin) parce que je ne fonctionne jamais à l’instinct mais plus aux évidences et celle-là m’est apparue comme telle.
Merci à tous vos commentaires, réfléchir et s'échanger nos points de vue, voilà ce que cela m'aura déjà apporté.
03:15 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05.07.2006
... Anima Sana in Corpore Sana
Je tente de revenir sur un commentaire laissé ailleurs en risquant de choquer le peu de lectorat que j’ai, bises à Hélène qui j’espère ne m’en voudra pas.
Moi, je me nourris chez les autres et je me découvre encore mieux chez les autres, je sais que j’ai plus à apprendre des autres que j’en ai à apprendre aux autres.
Est-ce par égoïsme ou par timidité de me dévoiler ? Est-ce par positivisme ou défaitisme ? Est-ce parce que l’on ne se (re)connaît qu’à travers le regard d’autrui ou par opposition à l’idée d’individualisme ? Est-ce parce que je me révèle à travers les grosses joues du petit Evan ou parce que je sais ce que je veux quand je suis avec l’autre ? Ou tout simplement parce qu’ "il" compte plus pour moi que je ne compte pour moi-même ?
J’aurais tendance à imaginer que je ne pourrais pas vivre sans les autres, the others… Le contraire, je ne peux que trop bien le concevoir. L’autre peut vivre sans moi.
Si je ne commentais pas chez lui, que changerait-il de ses habitudes ? Si je ne lui avais pas dit "je t’aime", il ne nous resterait aucun souvenir et quelqu’un d’autre lui aurait dit, j’en suis sûr… Nous ne pouvons que tomber amoureux de lui, il ne m’a suffit que d’un geste, d’une transparence ou de son éloquence pour pouvoir imaginer qu’il me prendra dans ses bras. Si je n’étais pas passé par-là, il se pourrait que je vive ailleurs et que je rêvasse de quelqu’un d’autre et que lui finisse par ne devenir que l’image d’un autre.
Oui, si seulement si… on accepte mal les "si" et j’entends trop souvent qu’il ne faille pas les employer, qu’avec les "si", nous referions le monde, nous redessinerions le tracé de nos vies, pourtant pour ceux qui me suivent, ils auront compris que ce n’est pas du même "si" dont il s’agit. Celui-ci n’est pas employé dans une optique de quelque chose de meilleur, il n’est pas insouciant, il ne demeure pas dans le rêve, il ne cherche pas une autre issue que celle qu’il a déjà entrouverte.
Celui-ci ne peut que se réjouir d‘exister et je ne peux que me réjouir également car je ne dévierai pas d’un pas, je ne changerai rien à ce qui était réel car j’aime ce que je suis devenu, à vouloir continuer de grandir, à vouloir m’essayer à continuer à me (re)connaître. Le chemin de Damas, il ne se referme jamais, il ne fait que se confirmer avec le temps. A trop vivre dans le passé, on en oublie de vivre avec son temps.
Mass Consumption en anglais, Consumérisme en français… Où l'homme a réussi à faire de l'homme son propre produit de consommation. Nous voilà enfin face à la réalité des choses, l’homme revenu à ses instincts primaires. L’homme se révèle aux grands jours, dans ses plus beaux jours aussi. Qu’est qu’un homme sans ses désirs sexuels, sans ses fantasmes à assouvir ? Un homme avec des bons sentiments, je vous en prie…
Moi (que certains définiraient comme une P…), je veux en faire l'expérience, j'en suis conscient, je ne peux pas en être plus conscient que maintenant. Mettre en pratique ce que certains occultent trop souvent en prétendant qu'il n'y a plus d'amour avec quelqu'un et qu'ils en trouveront bien ailleurs. Consommer sans modération, une fois, rien qu’une fois. Mais sans aucun regret, car c’est tellement mieux sans regret. Le vouloir-faire contre le savoir-vivre. Rien ne m’y empêchera, même pas ma bonne conscience parce qu’il n’y a rien d’inconscient dans cet acte là. J’en ferai ma révolution et Jenifer n’en sera que plus fière lol.
Moi, je ne voudrais pas me vendre mais l'autre (au féminin) y tient parce qu'elle - d’après les dire de Sinciput du Nord - voudrait tant que je sois un cadeau et qu’un cadeau ça se paie, ça se mérite ou peut être aussi parce que cela dé-sentimentaliserait l’acte.
Mes parents ne m'ont jamais considéré comme un cadeau du ciel et je les en remercie, ce n'est pas pour autant qu'ils ne croient pas en moi ou qu'ils ne m'aiment pas. Ils ont cette manière de considérer l'autre sans trop montrer d'amour, sans doute parce qu'ils ne veulent pas que l'on s'attache trop à eux ou qu'on les pleure le jour de leur enterrement. Ils ne m'ont jamais dit "tu es un cadeau", ni à mes frères et sœurs, ni à moi, mais ils ont déjà dit "tu nous as porté chance" : Ils ont soi-disant gagné au tiercé - foutu jeu de m…. - pendant que j'étais bien au chaud dans le ventre de ma mère. Alors oui, ils ont déjà dit "tu nous as porté chance". Après ça, pourquoi devrais-je refuser l’argent tandis que j’ai l’impression que ceux qui m’ont apporté toute l’éducation m’ont aimé en premier à travers l’argent ?
Je ne cherche pas de raisons à quoique ce soit, je ne rejetterai jamais la faute sur eux mais je les remercie de ne m’avoir jamais considéré comme un cadeau alors que je ne savais même pas ce que pouvait représenter un cadeau. Un cadeau, quand on est gamin, c’est quoi ? Que peut-on espérer de mieux que ce qui est matériel ? Attendre le Père Noël ? Foutu imaginaire…
Maintenant, je ne les en remercierai jamais assez, je connais la dimension que peut prendre le terme "cadeau". Parce qu'au-delà des mots, il y a les actes. Je serais ce cadeau et j'aurais l'éternel sentiment que j'assouvirai le fantasme de l'autre (au masculin) qui fantasme sur les Asiatiques. Je ne me défilerai pas quand je le verrai (même s'il ne me plait pas) parce qu'au-delà de mon plaisir, il y aura le sien, parce qu'au-delà de mes attirances, il y a les siennes.
L’autre avant tout.
18:30 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note









