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08.07.2006
... ne pas se mordre les doigts
Lecture du moment : La peur, Stefan Zweig
Morceau du moment : Let down, Radiohead
Avant d’enchaîner, avant de peut être m’enchaîner ou de l’enchaîner, il est des positions dont j’attendais la venue, il est de ces messages dont on ne peut classer, il est de sa réaction dont je ne néglige pas la parole, il est un anonymat dont je ne tairais plus le nom une fois l’acte fantasmé réalisé, il est des mots qui consolent sans même avoir rien demandé, il est une sérénité qui plonge les esprits dans la continuité, il fut un temps ou je me disais que je le ferais, elle approche la nouvelle époque, le moment d’assumer…
« Je me prostitue » selon les uns, « Je dois faire attention à moi » selon les autres. Je me vends sans me vendre ou je ne me vends pas pour me vendre. Je suis peut être un peu cinglé ?
Je marche les épaules droites, le temps d’une envolée avec Gnarls Barkley, le temps de me dire que l’on est fou, que tout le monde est fou finalement. J’ai peut-être perdu la tête comme lui, mais perdre la tête quand on peut en dégager ce qu’il y a de plus subtil et de positif, c’est très plaisant et ça me fait sourire. Alors cela me vient comme une claque en pleine tronche. C’est peut-être nous qui sommes fous, comme il le dit, à vouloir imaginer que le bien-être ne peut pas s’atteindre dans ce qui ressemble à de la prostitution ou dans ce que l’on veuille bien entendre par « ce que j’ai écrit ». Mais ce que je ressens ne se retranscrit pas facilement et peut être facilement assimilé, ce que je pourrais en retirer ne peut pas se préméditer non plus.
Il n’y a rien de juste pour moi, ce n’est que la morale qui parle, ce n’est que le savoir-vivre et l’éducation qui ne tolère pas de telles pratiques, si pratiques il y a en plus. Moi, je veux du vouloir-faire, le savoir-vivre et les bonnes mœurs c’est quoi d’abord ? C’est dicté par qui d’ailleurs ? L’église, l’Etat, la famille ? et quand il n’y a plus de famille, quand une grand-mère décède alors qu’on se trouve à 2000 kms d’elle, est-ce qu’elle peut encore nous en vouloir ? Quand on peut mourir un jour ou l’autre avec l’idée qu’on a remplit sa vie de débarras et d’embarras, qu’est ce qu’on peut en retirer au juste ?
Moi, je veux du partage, ne pas me voiler la face à travers des fantasmes qui vont à un moment donné faire déborder mon vase et me faire avoir des remords alors que c’était là, que ça pouvait faire partie de mon bonheur, que mon bonheur était peut être à portée de main mais à la place, je m’en mordrais les doigts. Se mordre les doigts, ça n’a jamais fait avancer mon chemin de Damas. "Se mordre les doigts" au fond, cela se rapproche sûrement du terme "remords" parce qu’on peut se mordre les doigts une fois et s’en vouloir et si je me "remords" les doigts encore une fois, là, ce n’est pas s’en vouloir, ça devient vite du défaitisme paranoïaque. Si l’acte en question peut me révéler un peu plus et peut me définir des limites, je ne peux que m’en réjouir. Si je savais que c’était glauque, je ne l’écrirai pas ouvertement. Je ne ré(clâmerai) pas non plus de lui donner son cadeau, à lui. Je ne présenterai pas la chose de la manière dont je l’ai faite, je pense.
Je ne fais que faire des choix à un moment où l’on nous oblige à en faire. Merci à Hélène pour son conseil, mais je veux qu’il soit aussi possible que l’estime de soi ne se perde pas dans un acte aussi réfléchi. D’ailleurs, l’estime de soi ne peut être dégradé par notre propre pulsion, nos simples désirs. Le sexe présenté comme tel ne peut être perverti dès lorsqu’il repose sur des confiances mutuelles. L’autre (au féminin) a confiance en moi, Sinciput du Nord a confiance en moi, Hélène a confiance en moi, Pierre-Yves semble m’avoir donné sa confiance alors que l’on ne se connaît à peine… Mon plaisir se trouve toujours chez l’autre j’ai l’impression. Voilà ce qu’il me reste.
Pour l’heure, j’ai nettoyé mes angles, j’ai retapissé ma toile, j’ai éclairé des semblants d’énigmes, il ne me reste plus qu’à rendre la confiance que me fournissent les autres à l’autre (au masculin) parce que je ne fonctionne jamais à l’instinct mais plus aux évidences et celle-là m’est apparue comme telle.
Merci à tous vos commentaires, réfléchir et s'échanger nos points de vue, voilà ce que cela m'aura déjà apporté.
03:15 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
Et dire que tu faisais, il y a à peine quelques mois, dans la critique musicale presque exclusivement...
Bises tendres à toi aussi
PY
Ecrit par : Pierre-Yves | 09.07.2006
Moi aussi j'écoute cette adaptation de An Pierlé, que j'aime beaucoup, bisous
Ecrit par : mike | 10.07.2006
Je suis un nouveau sur ce blog. Il devait être trois heure du matin quand je me suis mis à lire tes textes, ou vos textes. C'est le temps qu'il m'a fallu pour venir ici, je suis d'une lenteur phénoménal. Je commence à être fasciné par ce blog. Et je crois que c'est ça qui me renverse ou me bouleverse. On lit les autres, on se reconnait, quelquefois on apprend de l'autre, sans en retirer un effet de miroir, simplement être là, lire, être ému, quelquefois bouleversé. Qu'est-ce que je regrette d'être si lent, et de ne pas oser. Alors j'ose, et merci de ce que je lis, merci infiniment.
Ecrit par : gb | 10.07.2006
Alors voilà, il suffit de maquiller avec quelquesd mots bien jolis et tout le monde applaudit, prend au sérieux les interrogations tout à fait banales et vaines d'un jeune homme qui pourtant ne l'est pas. Ma chère petite mouche, ne te laisse pas prendre au piège, c'est du miel qu'on étale sur ta tranche de vie, bien sucré, doré pour te plaire, mais c'est pour mieux t'attraper...Pardonne moi, mais je pense que c'est ton impudeur qui attire, et non tes envolées pseudo intellos sur le désir (voilà je suis en colère). L'amour est cadeau. Certes. On t'a pas attendu pour le découvrir: on l'apprend au cathé dès tout petit. Que se donner à l'autre est merveilleux, et que l'autre nous révèle et nous réveille à nous-même, c'est ce qu'on découvre à l'adolescence avec la puberté si tout va bien. Et voilà que désormais, tu parle de fantasmes... Mon Dieu, quelle époque! Eh, les mômes, faudrait p'têt réfléchir tout seul et arrêter de gober...la mouche. Parce qu'elle s'enlise, attirée par sa propre image, elle tourne en rond. Elle se donne, oui, maissans noblesse ni élégance, pas même celle de l'humilité: elle se donne en spectacle, et les autres la regardent. Pire, il paraît qu'il y en a une qui a ouvert un bocal avec du miel au fond, histoire de voire comment elle s'en sort, à moins que ce ne soit pour profiter encore un peu du spectacle. On l'applaudit, dit la mouche. Bravo, répondent les autres. Moi, je reste à l'écart, parce que je sais bien que tout ça, c'est pas vraiment réel, que les vraies révolutions se font dans l'ombre, avec le silence autour. Que l'intimité en spectacle, c'est du vent , vendu ou pas,. Que les vrais cadeaux, sont ceux qu'on ne crie pas sur les toits. Je le sais, parce que cette petite mouche m'en a déjà fait de bien plus beaux.
Et toc dit la puce en piquant.
Ecrit par : la puce qui gratte | 12.07.2006









