« ... du "il" avant le "nous" | Page d'accueil | ... ne pas se mordre les doigts »

05.07.2006

... Anima Sana in Corpore Sana

Je tente de revenir sur un commentaire laissé ailleurs en risquant de choquer le peu de lectorat que j’ai, bises à Hélène qui j’espère ne m’en voudra pas.

Moi, je me nourris chez les autres et je me découvre encore mieux chez les autres, je sais que j’ai plus à apprendre des autres que j’en ai à apprendre aux autres.
Est-ce par égoïsme ou par timidité de me dévoiler ? Est-ce par positivisme ou défaitisme ? Est-ce parce que l’on ne se (re)connaît qu’à travers le regard d’autrui ou par opposition à l’idée d’individualisme ? Est-ce parce que je me révèle à travers les grosses joues du petit Evan ou parce que je sais ce que je veux quand je suis avec l’autre ? Ou tout simplement parce qu’ "il" compte plus pour moi que je ne compte pour moi-même ?

J’aurais tendance à imaginer que je ne pourrais pas vivre sans les autres, the others… Le contraire, je ne peux que trop bien le concevoir. L’autre peut vivre sans moi.
Si je ne commentais pas chez lui, que changerait-il de ses habitudes ? Si je ne lui avais pas dit "je t’aime", il ne nous resterait aucun souvenir et quelqu’un d’autre lui aurait dit, j’en suis sûr… Nous ne pouvons que tomber amoureux de lui, il ne m’a suffit que d’un geste, d’une transparence ou de son éloquence pour pouvoir imaginer qu’il me prendra dans ses bras. Si je n’étais pas passé par-là, il se pourrait que je vive ailleurs et que je rêvasse de quelqu’un d’autre et que lui finisse par ne devenir que l’image d’un autre.

Oui, si seulement si… on accepte mal les "si" et j’entends trop souvent qu’il ne faille pas les employer, qu’avec les "si", nous referions le monde, nous redessinerions le tracé de nos vies, pourtant pour ceux qui me suivent, ils auront compris que ce n’est pas du même "si" dont il s’agit. Celui-ci n’est pas employé dans une optique de quelque chose de meilleur, il n’est pas insouciant, il ne demeure pas dans le rêve, il ne cherche pas une autre issue que celle qu’il a déjà entrouverte.
Celui-ci ne peut que se réjouir d‘exister et je ne peux que me réjouir également car je ne dévierai pas d’un pas, je ne changerai rien à ce qui était réel car j’aime ce que je suis devenu, à vouloir continuer de grandir, à vouloir m’essayer à continuer à me (re)connaître. Le chemin de Damas, il ne se referme jamais, il ne fait que se confirmer avec le temps. A trop vivre dans le passé, on en oublie de vivre avec son temps.

Mass Consumption en anglais, Consumérisme en français… Où l'homme a réussi à faire de l'homme son propre produit de consommation. Nous voilà enfin face à la réalité des choses, l’homme revenu à ses instincts primaires. L’homme se révèle aux grands jours, dans ses plus beaux jours aussi. Qu’est qu’un homme sans ses désirs sexuels, sans ses fantasmes à assouvir ? Un homme avec des bons sentiments, je vous en prie…

Moi (que certains définiraient comme une P…), je veux en faire l'expérience, j'en suis conscient, je ne peux pas en être plus conscient que maintenant. Mettre en pratique ce que certains occultent trop souvent en prétendant qu'il n'y a plus d'amour avec quelqu'un et qu'ils en trouveront bien ailleurs. Consommer sans modération, une fois, rien qu’une fois. Mais sans aucun regret, car c’est tellement mieux sans regret. Le vouloir-faire contre le savoir-vivre. Rien ne m’y empêchera, même pas ma bonne conscience parce qu’il n’y a rien d’inconscient dans cet acte là. J’en ferai ma révolution et Jenifer n’en sera que plus fière lol.

Moi, je ne voudrais pas me vendre mais l'autre (au féminin) y tient parce qu'elle - d’après les dire de Sinciput du Nord - voudrait tant que je sois un cadeau et qu’un cadeau ça se paie, ça se mérite ou peut être aussi parce que cela dé-sentimentaliserait l’acte.

Mes parents ne m'ont jamais considéré comme un cadeau du ciel et je les en remercie, ce n'est pas pour autant qu'ils ne croient pas en moi ou qu'ils ne m'aiment pas. Ils ont cette manière de considérer l'autre sans trop montrer d'amour, sans doute parce qu'ils ne veulent pas que l'on s'attache trop à eux ou qu'on les pleure le jour de leur enterrement. Ils ne m'ont jamais dit "tu es un cadeau", ni à mes frères et sœurs, ni à moi, mais ils ont déjà dit "tu nous as porté chance" : Ils ont soi-disant gagné au tiercé - foutu jeu de m…. - pendant que j'étais bien au chaud dans le ventre de ma mère. Alors oui, ils ont déjà dit "tu nous as porté chance". Après ça, pourquoi devrais-je refuser l’argent tandis que j’ai l’impression que ceux qui m’ont apporté toute l’éducation m’ont aimé en premier à travers l’argent ?

Je ne cherche pas de raisons à quoique ce soit, je ne rejetterai jamais la faute sur eux mais je les remercie de ne m’avoir jamais considéré comme un cadeau alors que je ne savais même pas ce que pouvait représenter un cadeau. Un cadeau, quand on est gamin, c’est quoi ? Que peut-on espérer de mieux que ce qui est matériel ? Attendre le Père Noël ? Foutu imaginaire…

Maintenant, je ne les en remercierai jamais assez, je connais la dimension que peut prendre le terme "cadeau". Parce qu'au-delà des mots, il y a les actes. Je serais ce cadeau et j'aurais l'éternel sentiment que j'assouvirai le fantasme de l'autre (au masculin) qui fantasme sur les Asiatiques. Je ne me défilerai pas quand je le verrai (même s'il ne me plait pas) parce qu'au-delà de mon plaisir, il y aura le sien, parce qu'au-delà de mes attirances, il y a les siennes.

L’autre avant tout.

18:30 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://letempsde.blogspirit.com/trackback/888443

Commentaires

Trop de sous-entendus pr moi la Mouche... J'ai du mal à suivre!

Mais un toi en cadeau, ça fait plaisir... ;)

Ecrit par : Hélène | 05.07.2006

euh oui...
moi non plus j ai pas tout pigé, j'avoue, mais c est bien ecrit.
pour ce qui est de l autre...
oui l amour de l autre est essentiel et vital. il ne faut quand même pas s oublier, j'en ai fait fut un temps la douloureuse experience...
mmm....tu es enigmatique la mouche, avec tes sous entendus, lol.

Ecrit par : pangloss | 05.07.2006

merci d'écrire avec autant de sincérité tes propres contradiction et de parler des autres en parlant avant tout de toi... le propre d'un blog n'est-ce pas ?
bises

Ecrit par : Floriane | 05.07.2006

Dur à suivre, mais par moment intriguant peut-être même inquiétant d'intensité. Pourquoi l'autre avant tout ? On peut se perdre et perdre sa vie à tendre vers l'autre. À trop vouloir se donner, on se perd complètement autant pour soi que pour les autres. Ne dévie pas de ta route. Vis intensément sans regret, sans peur et sans reproche, mais prends soin de toi d'abord... Je t'embrasse
PY

Ecrit par : PY | 06.07.2006

Nous sommes le lendemain, la France a gagné et moi je sais maintenant de quoi il s'agit...

Donc oui, tu penses bien, je suis étonnée. Pas pour tout, juste pr le détail. Mais comme je te l'ai déjà dit, tu es maître de ta vie, chou! Et non, évidemment, je ne t'en veux pas.
J'espère juste que tu ne te perdras pas... C'est important l'estime de soi, aussi.

Ecrit par : Hélène | 06.07.2006

"Quand avec mes haleurs, ont finit ces tapages,
les fleuves m'ont laissés descendre, où je voulais..."
(extrait du Bateau Ivre d'Arthur)

C'est ta volonté, suis-là... Moi, tu sais, que je comprends... Comment fait-tu pour être toujours aussi émouvant à chaque texte, sans doute est-ce la sincérité... merci de toi

Sinciput

Ecrit par : sinciput59 | 06.07.2006

Ce que j'aime particulièrement dans ta démarche est le fait que tu décides d'être acteur de ton expérience alors que tu aurais simplement pu accepter le deal et ne réfléchir à la manière d'aborder ladite expérience que le jour venu ; soit, j'arrive chez mon vis-à-vis, puis je sens une boule me bloquer la gorge, ou je tremblotte, ou je rigole bêtement, ou je me jette dessus (la mouche se rue sur sa proie, sauf que c'est elle la proie) : en soi, toutes ces réactions seraient à prendre comme des signes de fuite, d'échappatoire ; une prise de conscience de la dimension ou futile, ou absurde, ou...traumatisante de la situation.
Tu sembles là n'évoquer que le côté justement expérimental de cet acte. C'est probablement cette dimension qui t'émoustille, et, au final, qui n'y a jamais songé ? L'acte sexuel gratuit (car dénué de sens), libre, risqué, brut, faux, n'est-il pas le point commun de tous nos fantasmes ? Ne te rejoignons-nous pas tous dans ta démarche d'affranchi ? Et pourquoi donc ne passerons-nous pas à l'acte ? Pourquoi ne passerai-je pas à l'acte finalement ?
Mauviette, oui, non, bref, là n'est pas le problème. J'ai certainement parcouru les chemins du grotesque, par périodes.
Mais je refuse de nier mon propre désir. Je ne m'oublierai pas en tant que conscience qui va traîner, pendant des semaines ou des mois, une expérience potentiellement ressentie comme une humiliation (d'aucuns en seront d'autant plus excités, certes).
L'oubli de soi me paraît jouable sur le moment ; le soi violé ne s'oublie pas ; il hante.
La mouche n'est pas un cadeau en soi ; la mouche est un cadeau parce qu'elle a décidé de le constituer. Et puisqu'elle l'a décidé, elle le vivra comme une expérience ; riche...

Ecrit par : F.Gavroche | 07.07.2006

je reviens sur ce que dit si bien PY
vis intensément sans regret. on peut se perdre pour l'autre, dans l'autre, donner c'est aussi recevoir simplement;parfois, quand une personne que l'on aime va mal, il suffit de lui faire comprendre qu'on attend beaucoup d'elle. Le cadeau c'est cela peut-être: Se permettre d'exister, prendre sa place pour que les autres trouvent la leur. l'autre avant tout, mais nous sommes l'autre, aussi.
à bientôt

Ecrit par : bluevalentine | 08.07.2006

Ecrire un commentaire