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27.05.2006

... être une nouvelle star ?




Alors voilà, la mouche se lance et balance : à la demande non générale mais générée par mon cher et tendre Sinciput (dont j’ai appris, il n’y a pas longtemps, la signification de ce mot quelque peu troublant et non réutilisable, plutôt partie de notre petit cerveau dont notre esprit n’avait même pas connaissance de l’existence d’une telle connexion avec l’encéphale ou même le phallus qu’une de ces expressions injurieuses que l’on pourrait utiliser à tout va…), je laisse une trace pour vous faire part de mon entière considération pour une certaine émission que les uns (rien à voir avec la Dynastie conquérante de Chine, ils n’avaient pas la télévision à l’époque) nommeraient « télé-réalité » mais que d’autres (dont eux, inutile de vous préciser qui nous sommes : un peu fou, beaucoup de fougue et énormément de louphoquerie… Capitaine Mastock n’a qu’à bien se tenir…) défendent fièrement l’existence (peut-être que d’autres se manifesteront lol) et ne s’emploieront qu’à la nommer "Nouvelle Star".

La Nouvelle Star. Cela fait bien longtemps que l’on avait parié que son « audimatorium » serait bien supérieur à celui de son concurrent qui semble rejoindre le crématorium, vitesse grand V, sans avoir pris le TGV.
Star Aca-demi. Toujours une demi-longueur de retard. Toujours le même train-train et les même refrains. On peut refaire dix fois le même bâtiment et reconceptualiser l'émission, ce sera la même chose. Les accents se succèdent sans trop d’importance et sans trop d’éloquence. On accroche ou on décroche, à un moment ou à un autre. La marque de fabrique repose sans nul dans le nom anglicisé. On s’imagine qu’on est dans le "mood" quand on s’amuse à raccourcir le nom : ouais la Star Ac’, tro’bien ! (euh... pardonnez la mouche). Alors on se questionne. Que peut-on ou que doit-on apprendre à des jeunes qui ne semblent encore ne rien connaître de la vie d’un artiste ? On peut s’imaginer que c’est comme apprendre à un poisson à voler. On naît artiste ou on ne l’est pas. Ce n’est pas bien compliqué. Si ? Alors on se retourne parce qu’on y voit la même chose et on détourne notre regard car il y a plus intéressant sur les ondes hertziennes. La Une a tenté de diversifier ses émissions pour finalement apporter à la mouche l’idée que l’on s’y perdait [vache]ment et que l’on finissait finalement par regarder les académiciens comme si l’on regardait la ferme, sauf qu’ils n’avaient que l’étoffe des célébritneys.

La Nouvelle Star peut tout détrôner même si un seul (ou beaucoup) de ses candidats ne sait pas chanter. Cela nous fait marrer et l’émission ne cherche pas forcément à se prendre au sérieux. Cela peut aussi faire pitié mais la NS nous permet d’accéder à de la tolérance et de la sympathie. Quand la SA cherche à montrer comment apprendre à devenir une star, la NS montre juste que certains savent chanter et d’autres ne savent pas. A juste titre, la NS mérite d’être regardée : on ne lésine pas sur les décors, ni sur les accords, encore moins sur le fait d’être d’accord. Il est évident qu’il y a des "coachs" mais comme le nom l’indique, il ne s’agit que de soutien parce que ce n’est pas donné à tout le monde de faire fureur à une heure de grande visibilité. Et puis mieux vaut un Stéphane Jarny qu’un Kamel Ouali même si les chorégraphies ne sont pas très étudiées. De toute façon, on préfère le naturel à un déhanchement mal exécuté. Mieux vaut Sarah Sanders, simple et fluette qu’une Armande Altaï, trop maquillée et baroque. Enfin, nous ne répéterons jamais assez que les goûts sont dans la nature et sur les chaînes.

Tout cela pour remédier à la folie qui envahit la mouche quand un mercredi soir elle a attendu une semaine en se demandant quelle surprise cette émission va encore nous offrir. Extérioriser l’indéfinissable, l’imprononçable. D’un "ouah", nous n’en finissons plus. Hourra, c’est pour un match de football. Là, ça ne se résume pas. Mais on voudrait quand même crier « Hip pipe pipe » (beaucoup vont me détester après ça, je ne suis qu’une bête après tout lol). Enfin donc, la Nouvelle Star capte l’attention sur le talent sans avoir l’impression d’en être son créateur et c’est mieux comme ça. Le jury, tout le monde le connaît déjà, ils sont horribles mais ils se révèlent également à ne pas sortir de plates paroles. Quand ils trouvent ça chiant, ils nous le disent. Et quand quelqu’un mérite l’inqualifiable, ils se réservent le droit du silence – comme nous parfois – sans qu’ils veuillent qu’on les excuse de leur non-professionnalisme mais simplement parce que des fois il n’y a rien à dire ou à ajouter. Vous voyez de qui l’on parle ?

"A new star is born" dixit Telerama (mais ce n’est pas toujours une référence, en tout cas on avait pas besoin d’eux pour le remarquer mais comme les mots sont justes, on peut les répéter), ce n’est pas de Sinciput ni de moi dont il s’agit car nous n’en avons pas le grain, nous n’avons peut être pas eu les coucougnettes pour cette édition. Mais rira bien qui rira le dernier quand nous nous retrouverons sur les hautes sphères des incontournables parce que ce sera le défi d’un siècle ou le pari d’une vie lol

Christophe Willem, cela ne s’invente pas deux fois, ça ne s’imagine pas non plus, on se laisse juste embarquer. Ce n’est pas la croisière s’amuse. Ce n’est pas une vache qui fait « meuh ». C’est en dehors de tout et ça nous émeut. Le jury l’a déjà noté : comment les producteurs n’ont-ils pas décelé son talent ? Que fout-il ici ? Pourtant on voudrait croire encore en la crédibilité de cette émission même si parfois on doute de la véracité des votes mais juste parce que l’on croit en son potentiel, pas uniquement de chanteur mais de séducteur, de ré-inventeur.

Il y a ceux que l’on voudrait faire gagner et qui ne gagnent jamais, il y a ceux qui n’ont rien fait mais qui gagneront toujours parce qu’ils ont un physique et une plastique parfaite. Il y a ceux qui n’ont rien pour eux mais à qui on peut facilement s’identifier et qui gagnent des fois. Il y a lui, celui qu’on surnomme déjà « la Tortue » qui ne connaît pas la mouche mais qui a déjà conquis son cœur. Ah, le vieux romantisme à deux balles !… Bref, mais non pas bref ! Il y a Christophe qui fait partie de sa propre catégorie, qui est parfait dans les moindres détails et qu’on a peur qu’il gagne parce que la production pourrait lui proposer un album en dessous de ses capacités et de son timbre.

Christophe a une voix qu’il utilise comme Mozart a usé de ses doigts pour créer ses symphonies. Il a un look qui a déjà fait tomber les minettes, un brin minimaliste, sans trop en faire, seulement la justesse et la sensibilité. Et il a ses mimiques, limite touchantes, qui ont déjà fait tombé plus d’une personne plus d’une fois… euh plus de mille personnes plus de mille fois… euh plusieurs personnes plusieurs fois. Bon, nous n’allons pas réécrire la Cité de la Peur lol…

Descriptif : avec une voix à la fois soul et suave et cristalline en même temps, il revisite tous les standards des années 80 avec une facilité qui enverrait leur primo-interprète ou même leur compositeur dans leur tombe, sauf si ce n’est pas déjà fait. Après le vieux romantisme, place au vieux cynisme lol. D’accord, Whitney Houston ne mérite pas autant de déni mais quand ce jeune prodige excelle autant dans les graves que dans les aiguës sur I will always love you, on serait prêt à lui répondre "Yep, me too". Mais Céline, je l’enverrai bien ailleurs, d’ailleurs elle s’essouffle un peu à Las Vegas d’après certains dires, on la remplacerait bien par Christophe qui saura réanimer les foules sans trop de problèmes. Avant chaque prestation, on s’évertue à chuchoter : comment peut-on survivre à du Patrick Juvet (ça peut vite devenir le foulli) et à du Lisa Minelli (exercice impossible, on se dira) et à du Boney M (c’est un noir qui chante ça, non ?) et à du Gloria Gaynor (c’est une femme qui chante « I am what I am » ?) et puis à la fin, on finit par s’en foutre parce qu’on entend plus que Christophe. Une de ses particularités reste son habileté à réinventer complètement la musique avec une effroyable et frissonnante singularité.

Décryptage : en fait, il n’y a rien à décrypter, juste à écouter et à contempler. On voudrait que ça dure plus longtemps comme le dit si bien un certain Jules-Edouard Mouch’tique…



Christophe Willem revisite

Cindy Lauper : True Colors


Michel Polnareff : Goodbye Marilou


NdLM : Quoi ?! J'ai cité dans une même note Boney M, W. Houston et C. Dion ?...

20:45 Publié dans ... d'écou-tsé | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

24.05.2006

... d'une ronde


Ronde de Nuit
de Edgardo Cozarinsky

Dans le cadre d’une soirée au Cinéma Le Méliès (il faut bien que la mouche finisse par prêcher pour sa paroisse tout de même) consacrée à Buenos Aires en partenariat avec « Colores latino Americanos » et les « Cahiers GayKitschCamp », l’insecte répétant que je suis veut défendre un film qui l’a séduit par la simplicité du ton que le réalisateur s’accorde à employer dans son dernier film inédit à Lille : Ronde de nuit.

Film argentin - jusque là tout va bien - de Edgardo Cozarinsky - bon là ça se corse un peu - avec Gonzalo Heredia dont on retiendra difficilement le nom mais dont on se souviendra de la gueule – espérons que des réalisateurs exploiteront son don. On pense forcément à Gael Garcia Bernal tant la ressemblance est frappante, un air de mi-ange mi-démon… Enfin, on fantasmera plus tard hein ?!

Le film exploite un thème trop connu par l’actualité cinématographique : de Vers le Sud à C.R.A.Z.Y, en passant par Wild Side (il y a quelque temps…) ou par My Own Private Idaho, la prostitution masculine est parfois abordée machinalement et mécaniquement parce que forcément il est difficile de se l’imaginer autrement. Un homme sur le trottoir. Une voiture qui s’arrête. Une question. Et aucune hésitation.

Pour la mouche, il y a le sujet à aborder et la manière d'aborder le sujet et c’est cette dernière composante qui est intéressante ici et là et qui apporte une vision complètement différente de la prostitution (même en général). Mais cela reste très subjectif…

Le film traverse les rues de Buenos Aires comme on ne pourrait pas les imaginer, c’est à dire où chacun a finalement sa place dans son entière condition, l’idée que notre situation n’aurait pas de sens sans celles des autres. Une vendeuse de fleurs qui peine à avoir des clients et qui d’un geste futile en offre une au héros en gage de liberté souveraine. Un groupe de sans abris qui partage leur sensibilité à se contenter des choses simples. Un duo de gamins qui nous rappelle trop bien que l’on peut jouer au football avec un brin de papier… Et puis on se sent con avec nos problèmes à la con…

Le film est tout sauf racoleur. Il n’admet pas que l’on puisse empêcher certains malheurs mais il nous permet d’entrevoir dans ces conditions de désespoir une certaine révérence. Rendre les choses plus belles, plus poétiques, plus imagées, plus sensibles par la simple parole, par le risque de toucher, par l’unique écoute, par la moindre exaltation, par le peu d’odeur que notre nez s’adonne à respirer. Et puis on se sent vivre, plus que survivre.

Dans le film, les rapports que Victor (Gonzalo Heredia) entretient avec ses clients sont tout sauf sexuels. Le plaisir de la chair n’est pas central car nous ne pouvons pas atteindre la jouissance de notre être qu’à travers la chair, le sang et la douleur… Les sentiments finissent toujours par prendre le dessus. Faire l’amour, c’est libérateur mais après… Après le client finit par s’attacher, s’éprendre de tendresse, il cherche, il veut retrouver « notre » Victor et les fausses raisons et les faits le trahissent – faire l’amour deux fois par semaine avec Victor sans que ce dernier ne demande aucune contrepartie sous prétexte que ce client est flic et qu’il le protègera toujours, ça signifie plus qu’un assouvissement d’un être ou qu’une protection rapprochée. Victor nie également ses amours jusqu’à ce que frôler la mort l’amène à faire sa ronde poétique. Une ronde qui n’en finit plus, des instants de solitude où il se souviendra de ses relations, d’un ami, d’une femme, de ce qu’il avait mais qu’il ne regrette pas. Il se souvient juste.

Et le film s’ouvre (il ne se termine pas même si en langage cinématographique, on s’accorde à dire que c’est la fin) sur le lever du jour. Une scène pleine d’espoir ou les plaisirs de la nuit sont remplacés par les plaisirs de la vie…

Promis la prochaine note sera sur Christophe Willem

20:20 Publié dans ... de regar-tsé | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

21.05.2006

... d'un périple

Un amour est né
Une ville dévouée
Un silence presque mythique
Une capitale mystique

 

Après une longue attente à Charleroi et un long périple pour pouvoir oublier un peu la France et son attachement pour les histoires bien compliquées, la mouche a atterri sur les terres luxuriantes de la Suède un mercredi soir, un peu pluvieux mais pas trop froid…

Se changer les idées, penser à soi pendant quelques jours, s’inventer de nouveaux rêves dans un pays dont nous sommes vierges de connaissances, se préférer là-bas plutôt qu’ici. Et puis finalement on arrive à oublier (même si…), on respire l’avenir à plein nez, on atteint d’autres plaisirs. Sans que ce soit de la luxure. Le plaisir de la chair, on s’y fond trop bien et trop vite parfois, on se confond à l’idée qu’il n’y a peut être que cela qui puisse nous satisfaire, qui puisse nous faire jouir d’une certaine existence et on s’y perd souvent.
Le plaisir dont il s’agit est l’expression d’une liberté. Oui, se sentir libre face à l’inconnu. Aucune limite. Tout est possible. On est seul mais on ne ressent pas de solitude. On a envie de se sentir proche face à ce qui nous fascine. Tout porte à croire que l’on se sent bien quand l’on ne connaît pas.

Ne rien idéaliser mais tout apprécier. Le Beau ne cherche plus à être défini car il est en face de nous. Une façade emprunte d’une culture scandinave très particulière. Les toitures sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres. Tout est minutieux, détaillé et pur en même temps, un peu médiéval et flamand sauf que l’architecture de la ville n’a rien à envier à Bruxelles. Rien ne se ressemble mais tout s’assemble avec une telle perfection. Les églises rouges brique. Le Château Royal. Les musées. Les îles environnantes qui constituent la ville. Des parcs à vous couper le souffle tant on se sent proche de la nature. Des étendus de cyprès et de conifères le long de la route. Pas un seul mégot par terre. Pas une seule odeur de cigarette dans les bars. Pas une seule crotte dans les rues lol.

En sortant du Centre des Affaires, on s’éprend du Vieux Quartier de Gamla Stan. Même si Dieu peut savoir que l’on ne se sent que trop bien dans le métro, on finit par tout faire à pied. On emprunte parfois des chemins tortueux, on passe un pont, et on change complètement de décors. La promenade n’en finit plus. Les jambes n’ont pas envie de souffrir au bout de trois heures parce que les yeux le leur refusent. Ce n’est pas une sensation de contrainte de temps : le temps de se dépêcher est bel et bien révolu. Et le temps n’a pas la même signification là-bas qu’ici. C’est l’idée de se dire que l’on pourrait marcher des heures et des heures juste parce que cela nous repose l’esprit. On a alors peur que cette plénitude s’en ira dès que l’on arrêtera le pas. Mais se poser et lire un peu. Ah… se poser, c’est important également pour contempler. On se plaît, sur les quais, à observer les bateaux demander pardon aux cygnes pour pouvoir prendre le large et émerveiller ainsi ses quelques passagers ; à s’imaginer vivre là dans un futur proche ; à se demander pourquoi nous n’entendons jamais parler de ces villes qui recèlent tant de magie à portée de main.

Stockholm a beau être une capitale mais on ne se sent pas oppressé comme on pourrait l’être à Paris. Paris ressemble à une fourmilière en comparaison avec Stockholm. Tous les visages suédois semblent sourire avec une surprenante sincérité même si l’on est conscient que le taux de suicide est l’un des plus élevés d’Europe. Beaucoup voue un amour (inconditionnel ou aveugle ?) pour Paris mais la mouche a été touchée par la grâce en se rendant au pays d’un peuple (parfaitement beau) qui ne se considère definitely pas comme des lapons (alors que…).

A qui le tour ?

19:50 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

17.05.2006

... attacher sa ceinture


Me and my Sister Dew at Walibi

Eh oui! pour celles et ceux qui ne le pensaient pas, la mouche y a mis les pattes. Bon j'ai fait totalement confiance aux ceintures de sécurité même si mon corps disait non... et en même temps plus on est de fou, plus on rit. Et puis je ne pouvais pas faire ma femelette en face de la mouchette. Vous imaginez le calvaire après auprès de son mousqueton (copain de la mouchette) et du mousquetaire (pote du copain de la mouchette), qui soit dit en passant ne me déplaît pas lol.

Résultats des courses : on a vu Bob l'éponge lol, on à fait toutes les attractions à sensation, beaucoup de familles, pique-nique d'enfer et si c'était à refaire, on ne changerait rien.

Les avis étant donnés, le prix reste quand même un peu élevé : 30 euros l'entrée pour une journée.
Mais quand on peut refaire dix mille fois le "Grand Huit" au risque de ne plus sentir ses jambes et son coeur dans les escaliers et au risque de se faire prendre en photo en train de gueuler comme une brebis galeuse, ça en vaut le coup lol.
Et puis, je dis que ça revient un peu cher parce que j'ai une petite phobie de la piscine et de la mer donc Aqualibi, c'était pas pour moi. Mes ailes en auraient pris un sacré coup!

Allez je vais me les gla-gla-ter pendant quatre jours. Youpi!

15:00 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

16.05.2006

... de partir un peu

La douleur semble s’être éloignée en laissant derrière elle un cœur ouvert. Demain, prenons le chemin de l’allégresse, de l’eau de jouvence pour pouvoir revenir en pleine et due forme. Il n’est pas question de s’oublier mais de se retrouver ailleurs. Il n’est pas non plus question d’oublier mais plus d’y trouver un ailleurs. Chacun a besoin de son petit voyage initiatique pour le mener vers d’autres sphères. Pas les ténèbres mais la douceur de l’inconnu. Stockholm ne me reconnaîtra pas car je ne lui ai jamais montré mon visage. Mais je ferais en sorte de me souvenir d’elle…

On se reverra Toi, compagnon d’un autre soir, d’une autre promenade ; Toi, compagnon de route et de déroute ; Toi, compagnon de vin rouge et de bière… on se recroisera…

18:28 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

15.05.2006

... d’être sur un petit nuage

Voilà bien longtemps que la mouche n’a pas posé ses pattes sur un clavier pour écrire une petite note. Dire qu’elle n’a pas d’inspiration en ce moment serait mentir. Nier qu’elle se sent mieux serait pêcher. Omettre l’idée que le bonheur sera encore plus grand serait maladroit. La mouche pense qu’il est plus difficile qu’elle ne le pensait de traduire une pensée heureuse, quoique ? Elle tentait toujours quand même d’écrire précédemment sur tout ce qui pouvait l’émouvoir et jamais sur ce qu’elle détestait.

Mon amour pour la musique, mon admiration pour l’utilisation de chaque mot, ma dévotion pour les calembours, ma patience pour développer les secrets, et puis on découvre qu’il existe quelque chose d’innommable, quelque chose qui ressemble fortement à la définition du bonheur, même si elle n’est jamais la même pour tout le monde mais on voudrait que celle-là soit universelle tant elle dépasse l’espérance. Elle ne tient en rien finalement. Les bonnes choses n’arrivent pas quand on s’y attend le moins, elles arrivent parce qu’on le veut bien et parce que l’on se sent prêt à recevoir l’irrecevable.

Il n’y a pas de fatalisme, il n’y a que le pouvoir de l’homme pour rendre les instants accessibles. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que l’homme pour se faire violence et dire qu’il en est bien terminé du temps de se préoccuper des autres, sans égoïsme, sans prétention, juste pour soi sans que ce soit contre les autres.

En même temps, il est difficile de se relever parce que les raisons sont toutes aussi valables pour ne pas sourire. Il est important de passer par certaines étapes et de ne pas en griller une parce que l’on risque bien de réveiller certains démons que l’on croyait loin déjà. Il est nécessaire de s’endeuiller un moment sans savoir combien de temps cela peut durer. Et c’est là que les choses se construisent après. On avait murmuré à l’oreille de la mouche la certitude que le bonheur serait encore plus parfait après une petite descente aux enfers mais elle avait perdu l’espoir.

Un espoir qui semble ressurgir face à la succession des événements. Une chanson, un carré VIP, un amour que l’on veut attraper à la main, une tendance à idéaliser, une osmose, une prise de parole, une lecture, une relecture, un instant autour d’une table en bois, un effleurement. Et un soulagement.

NdLM > c'est peut-être un peu trop personnel.

19:40 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note

06.05.2006

... ne pas se prendre au sérieux


Katerine
Robots après tout


La mouche aimerait vous parler de ses sensations du moment, sans y employer le mot « provisoire », car quand cela se passe bien, on voudrait que cela dure longtemps. Je rebondis sur la note du Haricot avec un petit peu de retard (prendre le temps de prendre son temps lol).

Coup de cœur. Philippe Katerine. Son carré VIP. Ses chansons burlesques. Son « je-m’enfoutisme » débordant. On le connaissait très sage sur ses premiers albums, un peu Lilicub sur fond de plage et de sable chaud et blanc. Gainsbourg pouvait en être fier. Il avait déjà un son très particulier.

Et puis on a appris à le connaître avec son « Je vous emmerde ». Il a mûri depuis. Sa voix a pris de l’assurance, du grain, de la personnalité. Son dernier album, sorti un petit moment déjà, est idiot du début jusque la fin. On ne s’en fout pas de savoir que « le métro ferme à 1H du mat’ », de savoir ce qu’il a fait un 11 septembre mais c’est absurde. Et comme il ne se prend pas au sérieux, on ne peut que le trouver chic. Il a du goût, on voudrait faire pareil, ne pas se prendre la tête et avoir le même univers pas-si-débilo-critique de la société.

Son électronique, pas minimaliste du tout, des beats acérés qui peuvent même se confondre à du Britney Spears (soutenue par The Neptune quand même) quand elle ne chante pas sur Toxic, des guitares électriques qui valent le deuxième album de Goldfrapp. Un son qui peut vous mettre la pêche à n’importe quel moment de la journée même si l’on déteste prendre le métro ou le bus ; même si l’on déteste être pris dans la foule un samedi après-midi sur cette terre... Sur les rythmes d’un 100% VIP, on se moque de tout le monde, du ridicule, de la soirée organisée à Lille pour la sortie de la nouvelle formule de La Voix du Nord, d’un M. Vivelle Dop qui ne se prend pas pour une mouche à merde, d’une foule qui est à ses pieds et qui deux heures plus tard ne sauront même pas comment rentrer, des boutiques de diamantaires ouverts tard dans la nuit, des tapis rouges (mais pour quelle occasion déjà ?), du déploiement de la grande argenterie. Sur les textes du 100% VIP, on rigole de la génération « H&M » qui n’a finalement pas de style, une ceinture cloutée de 20 cm de large sur un jean mal délavé. Des chaussures à talon à 100 euros. Un t-shirt de 5 cm2 qu’elle (ou qu’il) a payé une fortune (pourquoi déjà ?). Rien n’est sobre. Tout est démesure. Mais il en faut des goûts et des couleurs. On trouvait ça vulgaire et maintenant on trouve ça ridicule.

Chez Katerine, les textes peuvent paraître complètement déstructurés mais il joue avec les mots avec une subtilité inouïe et un abrutisme absolu. Un phrasé qui n’a rien à envier à la génération Vincent Delerm (qu’on a déjà oublié, j’ai l’impression…). On n’échappe pas à un seul fou rire quand il raconte qu’il a eu un désir sexuel pour une fille qu’il croise dans la rue et qu’il se rend compte qu’il s’agit de Marine Le Pen (bouh, j’ai cité MLP là ?! bon, c’est pour la bonne cause). Les situations sont toujours drôles et loufoques. C’est peut-être parce que c’est la société qui aurait besoin d’un peu d’images vaudevillesques comme lui que l’on craque forcément.

Quel rapport avec les amis d’une vie ? Tout, parce qu’on se sent beaucoup mieux quand il s’agit de rigoler de tout et de n’importe quoi autour d’un petit vin rouge (petites récoltes), quand on découvre que l’on se sent plus proche de certaines personnes qu’on le pensait, quand on voudrait trouver aussi notre « carré VIP », quand on s’imagine ce que peut être la colocation sur des airs aussi déments que ceux de Katerine. On rêve alors d’être « Au Louxor », on danse dans la rue sans se préoccuper des autres, parce qu’on est bien, à pieds nus, un coup de trop dans le nez, des rues pavées, l’imperfection à nos pieds. Alors on se sent proche de tout, de la terre surtout. Avoir l’impression que nous faisons bien partie de ce monde et que ce monde fait partie de nous. Ni plus, ni moins. Se rendre compte que l’on est finalement bien ensemble. Un massage de la main, une électricité, un bar homo, un serveur qui ne vous dévisage en rien, un chemin inaccessible, des sensations imprévisibles. Des coups de cœur indivisible. Une communication au téléphone, une amie qui vous manque, des amis que l’on voudrait qu’ils soient là, une pensée qui ne devrait pas déranger. On retient ses larmes et puis l’on pleure de joie.

Amis pour la vie ? La mouche ne veut pas se poser la question, elle veut juste apprécier l’idée que tant que l’on se fait plaisir ensemble, les choses se construiront simplement.




Katerine
100% VIP

18:05 Publié dans ... d'écou-tsé | Lien permanent | Commentaires (13) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note