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24.05.2006
... d'une ronde

Ronde de Nuit
de Edgardo Cozarinsky
Dans le cadre d’une soirée au Cinéma Le Méliès (il faut bien que la mouche finisse par prêcher pour sa paroisse tout de même) consacrée à Buenos Aires en partenariat avec « Colores latino Americanos » et les « Cahiers GayKitschCamp », l’insecte répétant que je suis veut défendre un film qui l’a séduit par la simplicité du ton que le réalisateur s’accorde à employer dans son dernier film inédit à Lille : Ronde de nuit.
Film argentin - jusque là tout va bien - de Edgardo Cozarinsky - bon là ça se corse un peu - avec Gonzalo Heredia dont on retiendra difficilement le nom mais dont on se souviendra de la gueule – espérons que des réalisateurs exploiteront son don. On pense forcément à Gael Garcia Bernal tant la ressemblance est frappante, un air de mi-ange mi-démon… Enfin, on fantasmera plus tard hein ?!
Le film exploite un thème trop connu par l’actualité cinématographique : de Vers le Sud à C.R.A.Z.Y, en passant par Wild Side (il y a quelque temps…) ou par My Own Private Idaho, la prostitution masculine est parfois abordée machinalement et mécaniquement parce que forcément il est difficile de se l’imaginer autrement. Un homme sur le trottoir. Une voiture qui s’arrête. Une question. Et aucune hésitation.
Pour la mouche, il y a le sujet à aborder et la manière d'aborder le sujet et c’est cette dernière composante qui est intéressante ici et là et qui apporte une vision complètement différente de la prostitution (même en général). Mais cela reste très subjectif…
Le film traverse les rues de Buenos Aires comme on ne pourrait pas les imaginer, c’est à dire où chacun a finalement sa place dans son entière condition, l’idée que notre situation n’aurait pas de sens sans celles des autres. Une vendeuse de fleurs qui peine à avoir des clients et qui d’un geste futile en offre une au héros en gage de liberté souveraine. Un groupe de sans abris qui partage leur sensibilité à se contenter des choses simples. Un duo de gamins qui nous rappelle trop bien que l’on peut jouer au football avec un brin de papier… Et puis on se sent con avec nos problèmes à la con…
Le film est tout sauf racoleur. Il n’admet pas que l’on puisse empêcher certains malheurs mais il nous permet d’entrevoir dans ces conditions de désespoir une certaine révérence. Rendre les choses plus belles, plus poétiques, plus imagées, plus sensibles par la simple parole, par le risque de toucher, par l’unique écoute, par la moindre exaltation, par le peu d’odeur que notre nez s’adonne à respirer. Et puis on se sent vivre, plus que survivre.
Dans le film, les rapports que Victor (Gonzalo Heredia) entretient avec ses clients sont tout sauf sexuels. Le plaisir de la chair n’est pas central car nous ne pouvons pas atteindre la jouissance de notre être qu’à travers la chair, le sang et la douleur… Les sentiments finissent toujours par prendre le dessus. Faire l’amour, c’est libérateur mais après… Après le client finit par s’attacher, s’éprendre de tendresse, il cherche, il veut retrouver « notre » Victor et les fausses raisons et les faits le trahissent – faire l’amour deux fois par semaine avec Victor sans que ce dernier ne demande aucune contrepartie sous prétexte que ce client est flic et qu’il le protègera toujours, ça signifie plus qu’un assouvissement d’un être ou qu’une protection rapprochée. Victor nie également ses amours jusqu’à ce que frôler la mort l’amène à faire sa ronde poétique. Une ronde qui n’en finit plus, des instants de solitude où il se souviendra de ses relations, d’un ami, d’une femme, de ce qu’il avait mais qu’il ne regrette pas. Il se souvient juste.
Et le film s’ouvre (il ne se termine pas même si en langage cinématographique, on s’accorde à dire que c’est la fin) sur le lever du jour. Une scène pleine d’espoir ou les plaisirs de la nuit sont remplacés par les plaisirs de la vie…
Promis la prochaine note sera sur Christophe Willem…
20:20 Publié dans ... de regar-tsé | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
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Commentaires
j'ai déjà vu des documentaires ou autrs films abordant ce sujet. J'ai toujours respecté ces personnes qui se retrouvent à tapiner car finalement, c'est eux mais cela pourrait être moi !
Ecrit par : Olivier | 25.05.2006
Comment tu fais pour mettre de la musique dans les colonnes ???
Ecrit par : Olivier | 25.05.2006
Je l'ai loupé, merde alors, pourtant je voulais impérativement le voir ! Les films sortent et Sean passe sans avoir le temps d'y aller lol. Par contre, j'ai vu et adoré "Wild Side" ! Il y a pléthore de films sur la prostitution masculine, as-tu vu "La vierge des tueurs" par hasard la mouchencoeur ? Je l'ai beaucoup aimé aussi, ça se passe en Colombie et un tout jeune homme se fait entretenir par un monsieur plus âgé, ils s'attachent l'un à l'autre et tombent amoureux, c'est très beau !
Ecrit par : Sean | 25.05.2006
Oui!!! je l'ai vu... Comment n'ai je pas pu le citer... sans doute parce que ce film fait parti des plus intéressants qui traitent du sujet et parce qu'on ne peut faire mieux lol Ronde de nuit est dans la même veine.
Mais tu peux toujours le rattraper en dvd toi qui es un fervent client de la fnac lol
Bizzz et je ne rajouterai pas que j'ai évidemment adoré La Vierge des tueurs : un des films qui ont fait qui je suis.
Ecrit par : la mouchencoeur | 25.05.2006
Convaincant. J'essaierai de le voir. (la liberté souveraine, ça laisse songeur...)
Ecrit par : Pierre-Yves | 26.05.2006
Je m'y perds, à Buenos Aires, dans le regard des hommes beaux et fiers, dans le dédale des rues en damier, comme à Nueva York ou Barcelona, et je voudrais aussi m'attacher à un regard, entendre des billets se froisser das une poche, parce que ce bruit je le connaîtrais.
NdLM>
Et je te rattraperai, j'observerai ta nuque et ta fourchette sternale comme les dernièrs joyaux que tes Vainqueurs vénéreront, je te verrai te concédant à tout sauf à moi... Et je te crierai pourquoi pas moi?
Ecrit par : mike | 26.05.2006









