30.01.2007
... un spectacle de Pal Frénak
Ça commence toujours par un souffle lancinant, une respiration lourde et insidieuse, comme lorsque vous assistez, bon gré, mal gré, à une réunion du soir à laquelle vous ne voudriez pas faire partie, parce que ceux qui vous accompagnent sont vos collègues, que vos collègues vous les voyez déjà assez au travail pour encore passer une soirée avec eux à parler du… "travail" sauf que là, il s’agit de personnes que vous ne connaissez pas, que vous n’avez peut-être pas envie de connaître - excepté le jeune homme assis devant vous et dont vous observez la nuque que laissent entrevoir ses cheveux bruns entremêlés - parce qu’elles semblent aussi profondément bêtes que leurs propos, parce qu’elles fourmillent à vouloir trouver la meilleure place, parce qu’une fois posée leur paire de fesses sur leur chaise elles opèrent à se faire plus entendre encore que leurs voisin(e)s, parce qu’elles exigent l’extinction des lumières dans un brouhaha qui réveillerait celui qui dispose du sommeil le plus profond. Et puis, moi, pendant ce temps terriblement infini, je tente de me concentrer, je tente de faire le vide, d’être vierge de toutes pensées qui altérerait ma perception du spectacle, de me dire qu’elles finiront bien par se taire, que les choses sont ainsi, j’essaie de fermer les yeux, de ne rien entendre, pour mieux ressentir…
Et puis, c’est un bruit sourd qui, de plus en plus, s’accentue pendant que les lumières s’éteignent lentement, pendant que certains s’étreignent une dernière fois, pendant que la salle chahute encore quelques secondes pour rappeler que "Mil et An" est en train de commencer. Dire "chut!" n’a jamais fait avancer les choses, elles les empirent. Il semble que c’est un rituel chez ce chorégraphe qui, rappelons-le, est né de parents sourds et muets. Il joue d’inventivités dès lors qu’il ne s’oblige pas à attendre que le silence solennel survienne dans les arènes pour débuter. Il nous utilise en nous renvoyant à ce qu’il y a de non-impeccable chez nous : l’attention. Ça surprend, du coup, on se tait, net. Comme chez Maguy Marin, avec son œuvre May B, on perçoit des cris - ou des onomatopées - qui surviennent étrangement de la nuit silencieuse. Parfois, ils ne sortent pas ou ils ont du mal à sortir, ils s’étouffent mais ne s’essoufflent pas jamais. En plus de ces cris enfouis, Pal Frénak utilise un panel de sons gutturaux et stridents, électroniques et atmosphériques, ceci en découpant le temps avec des ballades nostalgiques comme il n’en existait pas depuis Lou Reed. En usant de râles maladifs, il explore la condition humaine lourde de sens et on ne peut que s’émouvoir, voire être bouleversé tant il est magistral de pouvoir encore faire évoluer son rapport au monde. C’est à une souffrance universelle que nous renvoie le chorégraphe : l’impossibilité de communiquer avec l’autre dans une société de mal-être, la croissance des rapports de mimétisme où l’on n’accepte l’autre que dans sa ressemblance à nous, la difficulté à soutenir les actes des uns, la faculté à s’effacer au profit des autres…
"Mil et An" replace le corps dans son contexte métaphysique : d’une part, il montre le corps à l’intérieur de ses limites, celles que l’on a beaucoup de mal à définir et d’autre part, il l’extrait en dehors de ce monde, celui dans lequel il faut témoigner les douloureuses expériences comme pour pouvoir s’en sortir ; aussi infime est la frontière entre nos définitions du possible et de l’impossible, Pal Frénak rend possible l’impossible à travers la confrontation des corps, l’inévitable affront. Il nous rappelle à l’ordre que le choc, une fois établi et rencontré, ne peut qu’être créateur de sens ; qu’ainsi dit, la souffrance peut être délivrance.
"Mil et An", je crois, est une conjugaison d’actes exécutés, fantasmés, réels ou imaginaires, c’est l’immobilité (usage d’une marionnette humaine qui au fur et à mesure du spectacle finit par prendre vie) dans un monde en mouvement et en constante évolution ; j’en conviens que cela ne puisse prendre du sens dès lors qu’on accepte de lui en donner. D’ailleurs, il y a indéfectiblement une part de nous dans ce qu’il nous montre.
Œuvre fœtale - non comme première création mais plutôt comme œuvre qui émerge - de par ce qu’il reste encore à ce chorégraphe à développer, sociétale de par ce qu’elle instaure chez l’individu au sein de son environnement, progressive de par ce qu’elle permet à la danse de posséder, historique de par ce qu’elle utilise comme moyens, Mil et An transcende l’humain dans toute son humanité. On voudrait que ça dure des années et on hésite quand ça se termine, pourtant, tout semble avoir une fin.
Une mouche bouleversée et renversée, avec les pattes en l’air.
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21.01.2007
... d'avancer.
« En avant tout (prononcé toute) ! », tels des enfants crient quand il s’agit de déplacer des petits soldats de plombs sur un tapis vert, usé par le frottement d’un genou trop lourd sur la surface de jeu ; sauf qu’il ne s’agit pas d’un jeu, il ne s’agit pas non plus d’une mascarade animé par un présentateur télévisé qui se recycle pour enfin se rendre compte qu’il produit les mêmes et interminables bouffonneries devant des spectateurs qui déambulent dans leur salon parce qu’il n’y a plus à s’extasier devant l’ampleur des dégâts que provoque l’« ineffable » invention du XXème siècle ; il s’agit plutôt d’un soulèvement, d’une rébellion que l’on voudrait mener comme celle que l’on s’inventait peut être dès notre plus jeune âge sans savoir que cela pouvait avoir des répercussions 20 ans plus tard. Contre quoi ? Contre qui ? Contre soi ! Contre une folie furieuse de vouloir claquer celui qui se trouve en face de soi parce qu’il ne comprend rien… Contre cette incompréhension qui vous submerge quand votre patience a ses limites… Contre le fond que l’on aime toucher pour une posture qui nous irait mieux… Ceci sans tomber dans le cercle vicieux de jouer un rôle, de se cacher derrière un personnage que l’on construit, de porter le masque d’un autre. Assumer « son » rôle dans tout ce qui se trouve autour de soi, dans tout ce qui fait office de Présence au monde. Sans pleurer. Sans rêvasser non plus. Juste coopérer et avancer.
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01.08.2006
... apprendre à écrire un court-métrage (2)
Acte I : L'embellie / Scène 2 : Edere
Dialogue 1 :
Mô : Putain il n’y a personne, il n’y a jamais eu personne à ce genre de soirées. Pour le peu que nous sommes, on sait bien pour quelles raisons ils sont là, eux tous, ils ne pensent qu’à trouver de la viande ce soir, il n’y a que la viande qui les maintienne en vie, il n’y a que la chair dans des moments comme cela, des soirs comme ce soir-là…
Gavroche : Pourquoi tu dis « les » comme si tu t’excluais ? Tu fais partie de la partie aussi, tu n’es pas plus en dehors de la partie qu’ils ne le sont. Pourquoi on est venu, tu crois ? Pourquoi crois-tu que tu es là ?
Mô : Oui, c’est vrai… mais je suis là avec toi, c’est différent. Je ne sais pas ce que je cherche en étant là, j’avais juste envie de venir. Et puis je n’ai pas la tête à ça, tu le sais ?…
00:30 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
... apprendre à écrire un court-métrage
Description :
Place Sainte Catherine. Lille. Veille de 14 juillet, jour de célébration de la Révolution Française. Ce sera la Fête Nationale demain et les esprits puritains seront fiers d’être Français. Nous sommes pourtant bel et bien à une autre époque, plus lointaine que celle de l’an 1789. Plusieurs Révolutions ont déjà eu lieu. Plusieurs guerres même, sans qu’il y ait eu de vainqueurs. Des vainqueurs, il n’y en a jamais.
Mô ne sera pas forcément plus fier de se sentir français un 14 juillet. En tout cas, pas plus qu’il ne l’était hier. Seul le regard qu’il porte sur les amitiés qu’il s’est construit ou celles qu’il se compose lui communiquent de la fierté.
Il ne pense pas à fêter la Révolution Française. Fêter ce pourquoi il ne s’est jamais battu, ça ne l’intéresse pas. Il préfère penser qu’il existe encore un champs des possibles pour d’autres révolutions, dans le monde ou pour soi-même, quelque chose de très personnel voire de mystique, parce que tout semble s’être endormi ou, tout du moins, s’être reposé sur des acquis. Il veut une révolution mais il ne sait pas encore laquelle ni de quelle manière elle se fera. Il pense d’abord à l’embrasement de ce soir. Gavroche l’accompagne, comme toujours. Eternel compagnon de gloire.
Décor de lampions et de luminaires, une impression de fête foraine mais ce n’est pas la fête pour Mô. Il perçoit le petit monde. Ça ressemble à un lieu de rendez-vous galant mais il n’y a rien de romantique autour. Les gens dansent, semblent convulser par moment, ils se rapprochent pour se parler, ils se convoitent, ils se hâtent, ils abrègent certaines conversations qui n’auront sans doute pas de lendemain. L’heure est venue de se libérer de nos frustrations quotidiennes.
Mô et Gavroche marchent dans les ruelles tortueuses de Lille. Ils entrent sur la Place Sainte Catherine avec l’idée étrange que certaines rencontres ont besoin de la présence d’un amas de gens pour pouvoir survivre ou simplement exister. Ils aperçoivent au loin des personnes. Certains ont les bras découverts tandis que d’autres, pas forcément les plus beaux, exhibent leur torse sur une musique révolue...
...
00:25 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16.07.2006
... apprendre à dire je t'aime
« Il me fallait une raison, il me fallait un produit de substitution mais sans vouloir à ce que cela soit un produit de prostitution. »
J’entends bien qu’il soit difficile pour les personnes qui me connaissent ou qui ne me connaissent pas d’imaginer ou de comprendre ce que j’ai pu longtemps mettre du temps à concevoir, voire à entreprendre. J’essaie dans le meilleur du possible de mettre des mots justes sur ce que je veux signifier. De mettre de la forme sans en oublier le fond. Et si je m’engage parfois dans des sentiers de perdition pour les uns ou pour les autres, c’est sans doute qu’il se trame derrière l’écriture une volonté de me comprendre, d’apprendre, de soif de savoir, de l’énergique connaissance, de l’intarissable échange. L’éternel recherche du soi à travers le toi…
Tu me qualifies, c’est sans nul doute pour cela que je pourrais tant accepter de toi. Parce qu’à travers toi, j’existe et je m’exécute à être plus humain qu’hier. Tu sais ce que je peux accepter de toi, c’est d’être toi dans ton entière sincérité, dans ta spontanéité sans avoir peur de ce que je pourrais te dire. J’affirme, tu infirmes juste pour me confirmer qui je suis. Oui, parce que tu es avec moi et je sais que je suis, grâce à toi. Tu me connais trop bien pour vouloir écrire ce que ta raison te dicte. Tu as trop raison pour que je t’empêche de croire en ce que tu veux bien me faire partager. Tu me partages tout pour rendre compte de l’exactitude de tes propos. Et l’on se compose comme cela. Et tu sais que je ne devrais jamais rien me concéder. Faire des concessions pour l’autre, ce n’est que dans le couple que l’on apprend cela. Faire des concessions à ses ami(e)s, ça peut sonner faux et je ne serais que plus vrai si je continuais à explorer l’incommensurable.
Il est vrai que je m’adonne, que je m’offre peut- être trop facilement mais c’est le support qui me le permets, c’est étrange mais je me comprends mieux quand j’écris. Quand je parle, j’en oublie des fois ce que je voulais dire, quand j’écris, je ne sais que trop bien ce que je veux interroger, je crois.
En dehors de ça, j’apprends à dire "je t’aime", il faut que j’apprenne à dire je t’aime. Je me rends compte que je ne le dis pas assez. A mon père, je ne lui ai jamais dit ; à ma mère, il me semble que je n’ai pas besoin de lui dire ; à mon frère, je voudrais juste savoir lui parler ; à mes sœurs, je continuerai à le leur exprimer...
A toi, la puce qui gratte, je t’aime.
Vaincre avant d’être vaincu.
20:25 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
08.07.2006
... ne pas se mordre les doigts
Lecture du moment : La peur, Stefan Zweig
Morceau du moment : Let down, Radiohead
Avant d’enchaîner, avant de peut être m’enchaîner ou de l’enchaîner, il est des positions dont j’attendais la venue, il est de ces messages dont on ne peut classer, il est de sa réaction dont je ne néglige pas la parole, il est un anonymat dont je ne tairais plus le nom une fois l’acte fantasmé réalisé, il est des mots qui consolent sans même avoir rien demandé, il est une sérénité qui plonge les esprits dans la continuité, il fut un temps ou je me disais que je le ferais, elle approche la nouvelle époque, le moment d’assumer…
« Je me prostitue » selon les uns, « Je dois faire attention à moi » selon les autres. Je me vends sans me vendre ou je ne me vends pas pour me vendre. Je suis peut être un peu cinglé ?
Je marche les épaules droites, le temps d’une envolée avec Gnarls Barkley, le temps de me dire que l’on est fou, que tout le monde est fou finalement. J’ai peut-être perdu la tête comme lui, mais perdre la tête quand on peut en dégager ce qu’il y a de plus subtil et de positif, c’est très plaisant et ça me fait sourire. Alors cela me vient comme une claque en pleine tronche. C’est peut-être nous qui sommes fous, comme il le dit, à vouloir imaginer que le bien-être ne peut pas s’atteindre dans ce qui ressemble à de la prostitution ou dans ce que l’on veuille bien entendre par « ce que j’ai écrit ». Mais ce que je ressens ne se retranscrit pas facilement et peut être facilement assimilé, ce que je pourrais en retirer ne peut pas se préméditer non plus.
Il n’y a rien de juste pour moi, ce n’est que la morale qui parle, ce n’est que le savoir-vivre et l’éducation qui ne tolère pas de telles pratiques, si pratiques il y a en plus. Moi, je veux du vouloir-faire, le savoir-vivre et les bonnes mœurs c’est quoi d’abord ? C’est dicté par qui d’ailleurs ? L’église, l’Etat, la famille ? et quand il n’y a plus de famille, quand une grand-mère décède alors qu’on se trouve à 2000 kms d’elle, est-ce qu’elle peut encore nous en vouloir ? Quand on peut mourir un jour ou l’autre avec l’idée qu’on a remplit sa vie de débarras et d’embarras, qu’est ce qu’on peut en retirer au juste ?
Moi, je veux du partage, ne pas me voiler la face à travers des fantasmes qui vont à un moment donné faire déborder mon vase et me faire avoir des remords alors que c’était là, que ça pouvait faire partie de mon bonheur, que mon bonheur était peut être à portée de main mais à la place, je m’en mordrais les doigts. Se mordre les doigts, ça n’a jamais fait avancer mon chemin de Damas. "Se mordre les doigts" au fond, cela se rapproche sûrement du terme "remords" parce qu’on peut se mordre les doigts une fois et s’en vouloir et si je me "remords" les doigts encore une fois, là, ce n’est pas s’en vouloir, ça devient vite du défaitisme paranoïaque. Si l’acte en question peut me révéler un peu plus et peut me définir des limites, je ne peux que m’en réjouir. Si je savais que c’était glauque, je ne l’écrirai pas ouvertement. Je ne ré(clâmerai) pas non plus de lui donner son cadeau, à lui. Je ne présenterai pas la chose de la manière dont je l’ai faite, je pense.
Je ne fais que faire des choix à un moment où l’on nous oblige à en faire. Merci à Hélène pour son conseil, mais je veux qu’il soit aussi possible que l’estime de soi ne se perde pas dans un acte aussi réfléchi. D’ailleurs, l’estime de soi ne peut être dégradé par notre propre pulsion, nos simples désirs. Le sexe présenté comme tel ne peut être perverti dès lorsqu’il repose sur des confiances mutuelles. L’autre (au féminin) a confiance en moi, Sinciput du Nord a confiance en moi, Hélène a confiance en moi, Pierre-Yves semble m’avoir donné sa confiance alors que l’on ne se connaît à peine… Mon plaisir se trouve toujours chez l’autre j’ai l’impression. Voilà ce qu’il me reste.
Pour l’heure, j’ai nettoyé mes angles, j’ai retapissé ma toile, j’ai éclairé des semblants d’énigmes, il ne me reste plus qu’à rendre la confiance que me fournissent les autres à l’autre (au masculin) parce que je ne fonctionne jamais à l’instinct mais plus aux évidences et celle-là m’est apparue comme telle.
Merci à tous vos commentaires, réfléchir et s'échanger nos points de vue, voilà ce que cela m'aura déjà apporté.
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05.07.2006
... Anima Sana in Corpore Sana
Je tente de revenir sur un commentaire laissé ailleurs en risquant de choquer le peu de lectorat que j’ai, bises à Hélène qui j’espère ne m’en voudra pas.
Moi, je me nourris chez les autres et je me découvre encore mieux chez les autres, je sais que j’ai plus à apprendre des autres que j’en ai à apprendre aux autres.
Est-ce par égoïsme ou par timidité de me dévoiler ? Est-ce par positivisme ou défaitisme ? Est-ce parce que l’on ne se (re)connaît qu’à travers le regard d’autrui ou par opposition à l’idée d’individualisme ? Est-ce parce que je me révèle à travers les grosses joues du petit Evan ou parce que je sais ce que je veux quand je suis avec l’autre ? Ou tout simplement parce qu’ "il" compte plus pour moi que je ne compte pour moi-même ?
J’aurais tendance à imaginer que je ne pourrais pas vivre sans les autres, the others… Le contraire, je ne peux que trop bien le concevoir. L’autre peut vivre sans moi.
Si je ne commentais pas chez lui, que changerait-il de ses habitudes ? Si je ne lui avais pas dit "je t’aime", il ne nous resterait aucun souvenir et quelqu’un d’autre lui aurait dit, j’en suis sûr… Nous ne pouvons que tomber amoureux de lui, il ne m’a suffit que d’un geste, d’une transparence ou de son éloquence pour pouvoir imaginer qu’il me prendra dans ses bras. Si je n’étais pas passé par-là, il se pourrait que je vive ailleurs et que je rêvasse de quelqu’un d’autre et que lui finisse par ne devenir que l’image d’un autre.
Oui, si seulement si… on accepte mal les "si" et j’entends trop souvent qu’il ne faille pas les employer, qu’avec les "si", nous referions le monde, nous redessinerions le tracé de nos vies, pourtant pour ceux qui me suivent, ils auront compris que ce n’est pas du même "si" dont il s’agit. Celui-ci n’est pas employé dans une optique de quelque chose de meilleur, il n’est pas insouciant, il ne demeure pas dans le rêve, il ne cherche pas une autre issue que celle qu’il a déjà entrouverte.
Celui-ci ne peut que se réjouir d‘exister et je ne peux que me réjouir également car je ne dévierai pas d’un pas, je ne changerai rien à ce qui était réel car j’aime ce que je suis devenu, à vouloir continuer de grandir, à vouloir m’essayer à continuer à me (re)connaître. Le chemin de Damas, il ne se referme jamais, il ne fait que se confirmer avec le temps. A trop vivre dans le passé, on en oublie de vivre avec son temps.
Mass Consumption en anglais, Consumérisme en français… Où l'homme a réussi à faire de l'homme son propre produit de consommation. Nous voilà enfin face à la réalité des choses, l’homme revenu à ses instincts primaires. L’homme se révèle aux grands jours, dans ses plus beaux jours aussi. Qu’est qu’un homme sans ses désirs sexuels, sans ses fantasmes à assouvir ? Un homme avec des bons sentiments, je vous en prie…
Moi (que certains définiraient comme une P…), je veux en faire l'expérience, j'en suis conscient, je ne peux pas en être plus conscient que maintenant. Mettre en pratique ce que certains occultent trop souvent en prétendant qu'il n'y a plus d'amour avec quelqu'un et qu'ils en trouveront bien ailleurs. Consommer sans modération, une fois, rien qu’une fois. Mais sans aucun regret, car c’est tellement mieux sans regret. Le vouloir-faire contre le savoir-vivre. Rien ne m’y empêchera, même pas ma bonne conscience parce qu’il n’y a rien d’inconscient dans cet acte là. J’en ferai ma révolution et Jenifer n’en sera que plus fière lol.
Moi, je ne voudrais pas me vendre mais l'autre (au féminin) y tient parce qu'elle - d’après les dire de Sinciput du Nord - voudrait tant que je sois un cadeau et qu’un cadeau ça se paie, ça se mérite ou peut être aussi parce que cela dé-sentimentaliserait l’acte.
Mes parents ne m'ont jamais considéré comme un cadeau du ciel et je les en remercie, ce n'est pas pour autant qu'ils ne croient pas en moi ou qu'ils ne m'aiment pas. Ils ont cette manière de considérer l'autre sans trop montrer d'amour, sans doute parce qu'ils ne veulent pas que l'on s'attache trop à eux ou qu'on les pleure le jour de leur enterrement. Ils ne m'ont jamais dit "tu es un cadeau", ni à mes frères et sœurs, ni à moi, mais ils ont déjà dit "tu nous as porté chance" : Ils ont soi-disant gagné au tiercé - foutu jeu de m…. - pendant que j'étais bien au chaud dans le ventre de ma mère. Alors oui, ils ont déjà dit "tu nous as porté chance". Après ça, pourquoi devrais-je refuser l’argent tandis que j’ai l’impression que ceux qui m’ont apporté toute l’éducation m’ont aimé en premier à travers l’argent ?
Je ne cherche pas de raisons à quoique ce soit, je ne rejetterai jamais la faute sur eux mais je les remercie de ne m’avoir jamais considéré comme un cadeau alors que je ne savais même pas ce que pouvait représenter un cadeau. Un cadeau, quand on est gamin, c’est quoi ? Que peut-on espérer de mieux que ce qui est matériel ? Attendre le Père Noël ? Foutu imaginaire…
Maintenant, je ne les en remercierai jamais assez, je connais la dimension que peut prendre le terme "cadeau". Parce qu'au-delà des mots, il y a les actes. Je serais ce cadeau et j'aurais l'éternel sentiment que j'assouvirai le fantasme de l'autre (au masculin) qui fantasme sur les Asiatiques. Je ne me défilerai pas quand je le verrai (même s'il ne me plait pas) parce qu'au-delà de mon plaisir, il y aura le sien, parce qu'au-delà de mes attirances, il y a les siennes.
L’autre avant tout.
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27.06.2006
... du "il" avant le "nous"
Lecture du moment : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig
Morceau du moment : La Ritournelle, Sébastien Tellier
Pourtant, tu es toi dans ton entière souffrance. Rien n’est plus beau que de te voir rendre à ma raison la compréhension de ce que j’ai pu ressentir. Parce qu’à ce moment, j’ai compris ce que des mois j’ai essayé d’analyser, ce que j’ai tant cherché à expliquer en vain, ce que j’ai tant espéré pouvoir comprendre seul. Je me croyais plus fort quand j’étais seul, quand je prenais assez de recul par rapport à la situation et finalement on tourne en rond avec nos propres hésitations, nos simples jugements. On voudrait savoir agir seul mais on ne grandit pas tout seul, on ne peut pas s’affirmer en ruminant sans cesse l’irréparable, on peut encore moins trouver une voie en fouillant dans le tréfonds de notre esprit des réponses que l’on ne connaît pas. Mais on a besoin de cette étape pour pouvoir continuer à croire en nous. On ne devrait jamais sauter les étapes. Griller un feu rouge a toujours plus causé de tort que d’attendre patiemment que le feu passe au vert.
On. Ce terme peut sembler impropre. L’outil grammatical de l’ordinateur dit que l’expression est grammaticalement impropre ou nous avertit et cherche alors à nous corriger. Qui pourrait être d’accord avec un ordinateur ? Le matheux que je suis ? Sûrement pas… Je dois utiliser les termes qui trouvent une certaine justesse et qui sont propres à la situation. L’ordinateur, lui, ne capte pas toutes les subtilités liées aux aléas de la vie. L’ordinateur, lui, ne voit que ce qui est logique. Et la logique, elle n’existe que très peu dans nos chemins de Damas. « On » est mal employé selon l’outil qui me sert d’exutoire, « on » ne devrait pas être utilisé mais je ne peux pas le remplacer. J’aimerai lui dire à ce putain d’ordinateur s’il me laissait au moins le choix de justifier les raisons pour lesquels je ne veux pas remplacer les « on » par des « nous ». Car « nous » n’existe pas encore, « nous » ne peut pas se dire tout de suite, « nous » ne peut se dire que dans notre entière sensibilité et vérité. « Nous » ne peut s’affirmer que par le vrai. « Nous » a besoin de temps sinon il risquerait d’étouffer les « je ».
Il. Oui, « il » peut se dire, car il est vrai, il déborde de vérité même si, lui, il souffre terriblement. « Il » ne fait que démontrer qu’il existe dans les esprits. « Il » n’entrave rien du tout, je n’ai pas eu besoin de beaucoup de temps pour le dénommer. « Il » n’a pas besoin de temps, enfin, pas autant de temps qu’un « nous » parce que quand tout semble s’accorder, on a pas besoin de son accord pour pouvoir parler de lui. Et même si « il » semble être unilatéral, cela procure un bien fou de pouvoir parler d’une deuxième personne à la troisième personne. Ça c’est encore grammatical, parce qu’en réalité, la vraie troisième personne, ce serait le « nous », j’oublie trop vite que le « nous » ne doit pas être exclusivement lui et moi. « Nous », c’est un autre où l’on ne se marche pas dessus, où l’on ne se défile pas, où l’on ne s’oublie pas, où l’on n’exclut pas le « il » en favorisant le « nous ». Qu’il sache vivre aussi en tant que personne et « il » saura faire parti de nous. « Il » ressemble à un trait d’union quand j’en parle à quelqu’un d’autre. Un trait d’union, sans qu’il n’y ait d’union. Sans tirer un trait trop vite sur une éventuelle union. Et on se rend compte qu’on ne peut pas employer le « il » sans parler de soi. « Il » révèle encore plus sur soi-même, « il » c’est encore plus fort que le « je », parce que bien souvent le « il » inclut le « je ». Quand au cours d’une conversation, on s’émeut à dire « il est beau », cela sous-entend que « je le trouve beau » car c’est moi qui parle. Inconsciemment, je cherche à ne pas effacer sa beauté, j’emploie, sans le savoir, un pronom personnel qui contextualise les choses et qui en révèlent d’autres. Et quand le « je » prend le dessus sur « la mouche » c’est sans doute pour être un peu plus vrai aussi.
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04.06.2006
... du Kissing Out
La mouche revient sur une expérience qu’elle appelle plus communément le "Kissing out". "Embrasser qui vous voudrez", c’est un titre de film et on est un peu d’accord. Embrasser une femme, ça n’a rien d’extraordinaire, me direz-vous. Et bien embrasser une femme alors que l’on se sent depuis notre plus tendre enfance n’être attiré que par les hommes, c’est tout, surtout quand on ne pose que ses lèvres. Ç’est signifiant quand on sent qu’être attiré par les personnes du même sexe (sans chercher à catégoriser) n’est pas un choix et que l’on ne s’est jamais posé de questions par rapport à son orientation sexuelle. Embrasser quelqu’un du sexe opposé n’est pas un problème en soi, bien au contraire. C’est juste pas commun, pour quelqu’un que l’on dit homo. Vous voyez où la mouche veut en venir ?
Imaginez une soirée en très bonne compagnie. La mouche rejoint Sinciput pour la première fois au local de la LGBT à Lille. Première fois. Ne dit-on pas qu’elles sont toujours les meilleures ?
D’accord, la mouche s’étale... Donc, à la LGBT, la soirée s’annonçait joyeuse : mini concert, cadre dynamique, aucune possibilité de se déshydrater, pas de fumée (eh oui étrangement pour un fumeur, il est fort agréable de ne pas respirer l’air avec une sensation de tabac froid…) et des hommes et des femmes qui se mélangeaient. Une odeur de pas déjà vu. Rien à voir avec les ambiances de bars. On passe d’agréables moments à regarder ce qu’il se passe, à se poser, à sortir parce qu’on veut se griller une clope, à rentrer parce que dehors il fait froid, à aller aux toilettes parce qu’on a bu plusieurs bières, à se regarder, à chantonner, à dandiner, à apprécier et puis… et puis, il y a quoi ? Plusieurs scénarii étaient envisageables mais la mouche avait envie de tendresse alors sur un élan de générosité, elle s’est mise à vouloir embrasser ceux qu’elle appréciait. Une goutte de bière du bout des lèvres n’incite pas toujours à la débauche. Et quand cette goutte tombe sur les lèvres d’une copine, ce n’est pas un drame, c’est de la tendresse.
Je reviens alors sur ma première fois. Mon "Kissing Out". Non pas parce qu’il fallait le faire ni pour quelles qu’autres raisons inimaginables (pas envie de mourir con, par exemple…) mais juste parce que ça représentait une marque d’affection et ça, ça peut se partager, non ?
La mouche aux mots qui n’en revient pas d’avoir embrasser une personne du sexe opposé. Rohhh et puis zut, oui j’ai embrasser une nana, et alors ?
Et vous, votre "Kissing out", c’était quand ?
20:35 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (8) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21.05.2006
... d'un périple
Un amour est né
Une ville dévouée
Un silence presque mythique
Une capitale mystique
Après une longue attente à Charleroi et un long périple pour pouvoir oublier un peu la France et son attachement pour les histoires bien compliquées, la mouche a atterri sur les terres luxuriantes de la Suède un mercredi soir, un peu pluvieux mais pas trop froid…
Se changer les idées, penser à soi pendant quelques jours, s’inventer de nouveaux rêves dans un pays dont nous sommes vierges de connaissances, se préférer là-bas plutôt qu’ici. Et puis finalement on arrive à oublier (même si…), on respire l’avenir à plein nez, on atteint d’autres plaisirs. Sans que ce soit de la luxure. Le plaisir de la chair, on s’y fond trop bien et trop vite parfois, on se confond à l’idée qu’il n’y a peut être que cela qui puisse nous satisfaire, qui puisse nous faire jouir d’une certaine existence et on s’y perd souvent.
Le plaisir dont il s’agit est l’expression d’une liberté. Oui, se sentir libre face à l’inconnu. Aucune limite. Tout est possible. On est seul mais on ne ressent pas de solitude. On a envie de se sentir proche face à ce qui nous fascine. Tout porte à croire que l’on se sent bien quand l’on ne connaît pas.
Ne rien idéaliser mais tout apprécier. Le Beau ne cherche plus à être défini car il est en face de nous. Une façade emprunte d’une culture scandinave très particulière. Les toitures sont toutes aussi magnifiques les unes que les autres. Tout est minutieux, détaillé et pur en même temps, un peu médiéval et flamand sauf que l’architecture de la ville n’a rien à envier à Bruxelles. Rien ne se ressemble mais tout s’assemble avec une telle perfection. Les églises rouges brique. Le Château Royal. Les musées. Les îles environnantes qui constituent la ville. Des parcs à vous couper le souffle tant on se sent proche de la nature. Des étendus de cyprès et de conifères le long de la route. Pas un seul mégot par terre. Pas une seule odeur de cigarette dans les bars. Pas une seule crotte dans les rues lol.
En sortant du Centre des Affaires, on s’éprend du Vieux Quartier de Gamla Stan. Même si Dieu peut savoir que l’on ne se sent que trop bien dans le métro, on finit par tout faire à pied. On emprunte parfois des chemins tortueux, on passe un pont, et on change complètement de décors. La promenade n’en finit plus. Les jambes n’ont pas envie de souffrir au bout de trois heures parce que les yeux le leur refusent. Ce n’est pas une sensation de contrainte de temps : le temps de se dépêcher est bel et bien révolu. Et le temps n’a pas la même signification là-bas qu’ici. C’est l’idée de se dire que l’on pourrait marcher des heures et des heures juste parce que cela nous repose l’esprit. On a alors peur que cette plénitude s’en ira dès que l’on arrêtera le pas. Mais se poser et lire un peu. Ah… se poser, c’est important également pour contempler. On se plaît, sur les quais, à observer les bateaux demander pardon aux cygnes pour pouvoir prendre le large et émerveiller ainsi ses quelques passagers ; à s’imaginer vivre là dans un futur proche ; à se demander pourquoi nous n’entendons jamais parler de ces villes qui recèlent tant de magie à portée de main.
Stockholm a beau être une capitale mais on ne se sent pas oppressé comme on pourrait l’être à Paris. Paris ressemble à une fourmilière en comparaison avec Stockholm. Tous les visages suédois semblent sourire avec une surprenante sincérité même si l’on est conscient que le taux de suicide est l’un des plus élevés d’Europe. Beaucoup voue un amour (inconditionnel ou aveugle ?) pour Paris mais la mouche a été touchée par la grâce en se rendant au pays d’un peuple (parfaitement beau) qui ne se considère definitely pas comme des lapons (alors que…).
A qui le tour ?
19:50 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
17.05.2006
... attacher sa ceinture

Me and my Sister Dew at Walibi
Eh oui! pour celles et ceux qui ne le pensaient pas, la mouche y a mis les pattes. Bon j'ai fait totalement confiance aux ceintures de sécurité même si mon corps disait non... et en même temps plus on est de fou, plus on rit. Et puis je ne pouvais pas faire ma femelette en face de la mouchette. Vous imaginez le calvaire après auprès de son mousqueton (copain de la mouchette) et du mousquetaire (pote du copain de la mouchette), qui soit dit en passant ne me déplaît pas lol.
Résultats des courses : on a vu Bob l'éponge lol, on à fait toutes les attractions à sensation, beaucoup de familles, pique-nique d'enfer et si c'était à refaire, on ne changerait rien.
Les avis étant donnés, le prix reste quand même un peu élevé : 30 euros l'entrée pour une journée.
Mais quand on peut refaire dix mille fois le "Grand Huit" au risque de ne plus sentir ses jambes et son coeur dans les escaliers et au risque de se faire prendre en photo en train de gueuler comme une brebis galeuse, ça en vaut le coup lol.
Et puis, je dis que ça revient un peu cher parce que j'ai une petite phobie de la piscine et de la mer donc Aqualibi, c'était pas pour moi. Mes ailes en auraient pris un sacré coup!
Allez je vais me les gla-gla-ter pendant quatre jours. Youpi!
15:00 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
16.05.2006
... de partir un peu
La douleur semble s’être éloignée en laissant derrière elle un cœur ouvert. Demain, prenons le chemin de l’allégresse, de l’eau de jouvence pour pouvoir revenir en pleine et due forme. Il n’est pas question de s’oublier mais de se retrouver ailleurs. Il n’est pas non plus question d’oublier mais plus d’y trouver un ailleurs. Chacun a besoin de son petit voyage initiatique pour le mener vers d’autres sphères. Pas les ténèbres mais la douceur de l’inconnu. Stockholm ne me reconnaîtra pas car je ne lui ai jamais montré mon visage. Mais je ferais en sorte de me souvenir d’elle…
On se reverra Toi, compagnon d’un autre soir, d’une autre promenade ; Toi, compagnon de route et de déroute ; Toi, compagnon de vin rouge et de bière… on se recroisera…
18:28 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
15.05.2006
... d’être sur un petit nuage
Voilà bien longtemps que la mouche n’a pas posé ses pattes sur un clavier pour écrire une petite note. Dire qu’elle n’a pas d’inspiration en ce moment serait mentir. Nier qu’elle se sent mieux serait pêcher. Omettre l’idée que le bonheur sera encore plus grand serait maladroit. La mouche pense qu’il est plus difficile qu’elle ne le pensait de traduire une pensée heureuse, quoique ? Elle tentait toujours quand même d’écrire précédemment sur tout ce qui pouvait l’émouvoir et jamais sur ce qu’elle détestait.
Mon amour pour la musique, mon admiration pour l’utilisation de chaque mot, ma dévotion pour les calembours, ma patience pour développer les secrets, et puis on découvre qu’il existe quelque chose d’innommable, quelque chose qui ressemble fortement à la définition du bonheur, même si elle n’est jamais la même pour tout le monde mais on voudrait que celle-là soit universelle tant elle dépasse l’espérance. Elle ne tient en rien finalement. Les bonnes choses n’arrivent pas quand on s’y attend le moins, elles arrivent parce qu’on le veut bien et parce que l’on se sent prêt à recevoir l’irrecevable.
Il n’y a pas de fatalisme, il n’y a que le pouvoir de l’homme pour rendre les instants accessibles. Il n’y a pas de hasard, il n’y a que l’homme pour se faire violence et dire qu’il en est bien terminé du temps de se préoccuper des autres, sans égoïsme, sans prétention, juste pour soi sans que ce soit contre les autres.
En même temps, il est difficile de se relever parce que les raisons sont toutes aussi valables pour ne pas sourire. Il est important de passer par certaines étapes et de ne pas en griller une parce que l’on risque bien de réveiller certains démons que l’on croyait loin déjà. Il est nécessaire de s’endeuiller un moment sans savoir combien de temps cela peut durer. Et c’est là que les choses se construisent après. On avait murmuré à l’oreille de la mouche la certitude que le bonheur serait encore plus parfait après une petite descente aux enfers mais elle avait perdu l’espoir.
Un espoir qui semble ressurgir face à la succession des événements. Une chanson, un carré VIP, un amour que l’on veut attraper à la main, une tendance à idéaliser, une osmose, une prise de parole, une lecture, une relecture, un instant autour d’une table en bois, un effleurement. Et un soulagement.
NdLM > c'est peut-être un peu trop personnel.
19:40 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22.04.2006
... d'un rien
Vous allez sans doute dire que la mouche ne vit qu’avec le passé mais il est tellement agréable à raconter qu'elle en est émue par moment.
Comment ne pas se souvenir des soirées passées à rire jusqu’au genou parce qu’on a cassé un tire-bouchon-chon-chon en plastique (qui plus est n’était pas le bon), ou parce que par inadvertance on a cassé la chasse d’eau (qui plus est a été réparé), ou parce qu’on se perd dans les chemins tortueux d’une ville en voiture pour aller voir un concert (alors qu’on s’est trompé d’heure), parce qu’on se surprend encore à être subjugué par la manière dont on peut apprendre de l’autre (alors qu’on a l’impression de tout connaître de l’autre), ou parce que l’on est simplement là à écouter du Erik Satie jouée par une amie et que l’on oublie tout (alors qu’on sait que nous sommes 6 milliards sur cette chère et tendre Terre).
Comment ne pas être fasciné par la manière dont on peut aimer et le prouver, par la façon dont l’un ou l’autre fume la cigarette (alors que l’on sait que cela tue), par la présence d’une servante dans une salle de théâtre (alors que l’on sait qu’elle est simplement là pour éclairer la scène), par l’audace des autres qui répondent à la question des uns « Comment faîtes-vous pour escalader l’Himalaya ? » « Je mets un pied devant l’autre » (alors qu’on sait que c’est du courage dont il s’agit).
Et puis le temps passe, le temps d’un rien où l’on peut se surprendre que rien n'est terminé, rien ne s’achève mais que tout se construit et se renouvelle ; tout est en constante évolution et chaque précepte n’est que le commencement de son corollaire. Alors, on aime s’émouvoir, s’enchanter, s’émerveiller, s’accepter et accepter de l’autre qu’il n’est que ce qu’il est et qu’il ne sera pas ce que nous voudrions qu’il soit, avec une entière simplicité.
Le « Je » ne se conjugue par forcément avec le « Tu » mais il pourrait le devenir. Le « Tu » peut se risquer d’être enfermé par le « Je » mais il importe au « Je » de libérer le « Tu » pour qu’un « Nous » sache exister, pour qu’un « Nous » se surprenne de ce que cela représente. Alors « Je », « Tu », « Il/Elle », « Nous », « Vous », « Ils/Elles », la mouche t’aime…
16:00 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
13.04.2006
... d'un espace/temps
En l’espace d’un temps, il y a des souvenirs qui ne s’achètent pas, qui ne se perdent pas, qui perdurent dans le sillon d’un esprit tourmenté mais que l’on voudrait paradoxalement conserver et/ou au plus vite oublier…
A la lueur des rencontres que l’on fait, il y a des moments dont on se rappelle, des instants que l’on peine à conserver, des anecdotes que l’on aimerait partager et pour que nos souvenirs fassent corps avec d’autres…
Je me souviens de tout, d’un rien qui m’a construit pour se déconstruire et avide je tente de reconstruire. C’est une mouche qui s’est attachée, qui s’est emmêlée, qui s’est battue, débattue et qui se rattache sans trop comprendre pourquoi. Sans doute l’envie, le désir d’une rencontre (j’en reviens à Olivier Py mais il ne s’agit pas que de cela).
Il s’agit d’un lien aussi incompréhensible soit-il qui peut se créer au delà de notre propre ressort. Il s’agit peut être d’un hasard, des circonstances, d’un rêve éveillé, d’une situation déjà vécue mais qui nous rappellent toujours à l’ordre : quoique l’on fasse il est impossible de mettre des mots sur un sentiment même si l’on cherche la justesse, l’infaillibilité, la franchise et on se perd dans un chemin qui irait vers ou s’en irait de 2046.
Voilà où j’aimerai en venir. A la lumière d’un espace/temps qui s’écoule en découle une source sûre, l’inexplicable, l’insaisissable, l’impalpable, le mystère qui devient l’inextricable. On se souvient tou(te)s de In the mood for love. Le titre est déjà bien évocateur, il faut voir le film avec un regard attentif, sensible, amoureux ou être prêt(e) à recevoir la douceur d’un amour impossible. Car In the mood for love ne cherche pas à rendre les choses simples, loin de là. L’histoire est accessible, j’en conviens. Qui ne pourrait comprendre l’histoire d’un homme et d’une femme qui, au moment de découvrir que leurs conjoints respectifs entretiennent une relation, tentent de comprendre comment cela a bien pu arriver et finissent par s’éprendre l’un et l’autre. Parce que les choses arrivent simplement sans que l’on tente de les provoquer. Donc, l’histoire est belle, trop belle peut être mais chez Wong Kar-Wai, on ne lésine pas sur le sentimentalisme.
Et, c’est après que les choses deviennent intéressantes et se complexifient. Cette relation qui n’a même pas abouti renverse tous les fondements que l’on pourrait se faire des relations. Et la suite, on la connaît peut-être aussi.
2046, on aurait pu croire qu’il ne s’agissait que d’un chiffre mais chez WKW, cela nous aurait étonné quand même.
2046, c’est tout en même temps : un espace et un temps, des souvenirs et des fantasmes, un symbole et son contraire, on y part et on aimerait en sortir. La mouche aime la subtilité qui s’y dégage et la facilité qu’a le réalisateur à en référer à son précédent sans que cela soit de la redite.
On reprend le même personnage et on le décortique pour mieux le comprendre. Dans les relations qu’il entretient avec ses nombreuses concubines, il en revient toujours à sa chère et tendre qu’il a connue pour mieux se rappeler d’un amour profond et inaltérable. On s’emmêle parfois mais on comprend ensuite. Dans sa manière de fonctionner, il voudrait chercher à combler l’imperfection de son histoire avec Su Li Zhen et décide alors de les retraduire sans chercher à les revivre avec d’autres pour ne pas laisser passer sa chance encore une fois. Dans son élégance, il n’y a rien a parfaire. Dans 2046, il y a indubitablement In the mood for love mais c'est juste. Dans son histoire, il y a quelque chose qui nous ressemble tous, l’envie de conserver, voire d’atteindre (comme dans le Secret de Brokeback Mountain) à nouveau une once de ce que l’on avait assimilé au bonheur : un souvenir.
La boucle est peut être un peu vite bouclée.
20:05 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11.04.2006
... la délicatesse

2046
a Film by Wong Kar-Wai

Happy Together
a Film by Wong Kar-Wai
En attendant une prochaine note sur Wong Kar Wai et ces "petits" chefs d'oeuvre cinématographiques, je vous laisse en compagnie de deux morceau dont l'un est le fabuleux chant de l'Opera Norma et l'autre (titre éponyme du film, zé com za kon dit?) ne se présente plus tant il a été plagié et replagié. Mais cela ne vaut certainement pas la version de The Turtles. Cela ne va pas plaire mais il faut le dire, on revient encore aux Beatles...
20:08 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
03.04.2006
... d'aller au boulot
Voilà première note, premier contact avec ce qui se voudrait un paradis accessible.
Bon ok, c'est pas folichon comme début, je me mets juste à faire mes premier(e)s pa(tte)s.
Que dire?! Que dire?!
15:23 Publié dans ... de vivre | Lien permanent | Commentaires (4) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note









